RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour Jl 2:12-18

On considère souvent les prophètes comme des prédicteurs de l’avenir, parfois heureux, mais plus souvent douloureux et terrifiant. Mais en est-il vraiment ainsi? Peut-on seulement prédire l’avenir? La réponse semble simple : Dieu a Son propre dessein, qu’Il accomplira sans aucun doute, puisqu’Il est Dieu et que nous sommes des hommes. L’avenir peut donc être prédit si Dieu le révèle au prophète, car tout doit déjà être prévu par Dieu.

Mais voici ce qui est intéressant : la langue biblique ne connaît pas de mots que l’on pourrait traduire par « destin inéluctable », « fatalité » ou « sort ». Il existe bien sûr un dessein de Dieu pour chaque homme et chaque peuple, mais il existe aussi la liberté du choix, qu’il s’agisse d’un individu ou d’un peuple. Il arrive qu’un prophète annonce un malheur proche et inévitable, mais il n’arrive presque jamais qu’il parle de ce malheur comme de quelque chose d’inéluctable.

Cette absence de prédétermination des événements futurs peut parfois même passer pour une erreur du prophète. Prenons Isaïe de Jérusalem, par exemple, qui prédit la ruine prochaine de son pays par les Assyriens. Était-ce une erreur? La Judée résista pourtant cette fois-là! Toutefois, Isaïe lui-même, déjà pendant le siège, prédit aussi que les Assyriens repartiraient bredouilles des murs de Jérusalem. C’est finalement ce qui arriva.

Les plans de Dieu peuvent-ils donc changer? Apparemment, oui. Et cela ne dépend pas de Dieu, mais des hommes, de leur choix et de leur résolution. Dieu n’a pas besoin que les hommes meurent à cause de leurs péchés; Il ne le veut pas et ne l’a jamais voulu. Si les hommes périssent à cause de leurs péchés, c’est uniquement parce que le péché sépare réellement l’homme de Dieu et L’empêche d’intervenir.

Dieu est bien sûr plus fort que l’homme, mais Il respecte trop la liberté humaine pour entrer dans la vie de celui ou de ceux qui ne Le veulent pas et ne L’attendent pas. Une catastrophe, personnelle ou nationale, devient alors la conséquence de l’impossibilité pour Dieu d’intervenir. Mais si on L’appelle malgré tout, Il est prêt à intervenir à tout moment, même lorsqu’il peut sembler qu’il est déjà trop tard. Il ne veut la mort de personne et Il est prêt à saisir toute occasion de sauver le plus grand nombre possible, sans tenir compte du fait que beaucoup, avant de se tourner vers Lui, ont tout fait pour rendre leur salut aussi difficile que possible.