RÉFLEXIONS pour 1P 4:1-19
Que signifie ne pas vivre selon la chair ? Un tel appel implique-t-il de mépriser la chair comme une réalité mauvaise dès l’origine ? Pas du tout. Ce n’est pas la chair qui doit nous dicter sa loi au gré d’une physiologie bouillonnante ; c’est nous qui sommes appelés à la gouverner. Et les paroles selon lesquelles celui qui souffre dans la chair cesse de pécher ne parlent pas non plus de nier les besoins naturels du corps. Mais si l’homme ne sait pas se maîtriser dans des circonstances normales, son corps récoltera les fruits des excès. Bien sûr, on peut continuer à pécher non seulement par le corps, mais aussi par l’esprit, le cœur et la pensée ; toutefois, ceux-ci agissent par l’intermédiaire du corps. La maîtrise de son propre corps est donc le commencement de la maîtrise des autres passions. Oui, le péché intérieur ne disparaît pas nécessairement rapidement lorsque le péché corporel est contenu, mais sans maîtrise du corps il ne disparaîtra certainement pas, de même qu’en nous abstenant de médire nous pouvons aussi retenir les passions qui se déchaînent en nous.
Les personnes éloignées de l’Église disent souvent du mal des chrétiens parce que ceux-ci ne prennent pas part à leurs œuvres. Paradoxalement, le refus du mal chez les uns conduit à une hostilité encore plus grande chez les autres, qui ne veulent pas renoncer au mal. Mais si l’on dit du mal de nous à cause d’actions véritablement bonnes, ne nous troublons pas. Veillons seulement à ce que nous qui parlons du bien ne nous révélions pas des hypocrites qui font le mal et en sont justement punis.
