RÉFLEXIONS pour 1P 3:10-22
L’apôtre Pierre écrivit son Épître catholique vers l’an 63, tout au début de la période des persécutions contre les chrétiens. À cette époque, le nouveau peuple de Dieu, choisi et sanctifié par l’Esprit Saint, s’engageait sur le chemin de Croix à la suite de son Maître. C’est pourquoi l’apôtre écrit sur le sens de la souffrance et met les souffrances des fidèles en relation avec la souffrance salvatrice du Christ Lui-même. Une tradition rapporte que, vers l’époque où fut écrite cette épître, au début des persécutions à Rome, l’apôtre quitta la ville sur l’insistance des chrétiens et rencontra le Christ sur la route, juste au-delà des remparts. « Seigneur, où vas-Tu ? » Lui demanda l’apôtre Pierre, et le Seigneur lui répondit qu’Il allait à Rome pour y être crucifié de nouveau. À ces mots, Pierre retourna à Rome et y subit le martyre. Plus tard, on construisit sur le lieu de cette rencontre l’église Domine quo vadis (Seigneur, où vas-Tu ?), où se trouve encore aujourd’hui la pierre sur laquelle se tenaient les pieds du Christ.
Le passage de l’Épître de Pierre lu aujourd’hui semble contenir précisément les réflexions de l’apôtre à ce sujet. L’apôtre dit que nous devons toujours être prêts à répondre de notre espérance et explique que la souffrance pour de bonnes actions, lorsqu’elle nous est donnée par la volonté du Créateur, est pour nous une occasion de rencontrer le Christ et de nous unir à Lui. L’apôtre écrit que le salut lui-même s’est accompli parce que le Christ a souffert innocemment pour nos péchés. Le sens de ses paroles est que notre souffrance innocente est mystérieusement liée à la Passion salvatrice du Christ. L’apôtre Paul formulera cette pensée ainsi : « je complète en ma chair ce qui manque aux afflictions du Christ pour Son Corps » (Col 1:24). Dans l’Épître aux Romains, dans le passage lu pendant le sacrement du Baptême, il ajoute : « nous avons été ensevelis avec Lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous marchions nous aussi dans une vie nouvelle » (Rm 6:4).
