RÉFLEXIONS. Lectionnaire catholique.

RÉFLEXIONS pour 2S 18:9-19:5

Les relations entre David et Absalom, entre un père et son fils, sont si compréhensibles et si familières. Il est désormais impossible de discerner qui était coupable, qui a fait souffrir l’autre le premier. Le père était-il injuste et inattentif, ou le fils vaniteux et ingrat ? Il est pratiquement impossible de démêler les relations humaines : si l’on n’est pas l’un des protagonistes, on ne peut tout simplement pas tout savoir ; si l’on est l’un de ceux qui s’affrontent, on se considère généralement dans son bon droit ou l’on trouve des excuses à ses actes. Quelle que soit notre appréciation de ce conflit, la conduite du père est ici bouleversante : quel que soit le chagrin qu’Absalom lui a causé — la révolte, la guerre, la division du peuple — rien de tout cela ne doit empêcher que la vie de l’enfant rebelle soit épargnée. Tout est déjà pardonné, alors même que l’issue de la lutte entre le père et le fils demeure incertaine. Et pour le roi, la victoire devient un terrible chagrin pour le père : son fils est mort et rien ne peut consoler David. Il nous offre un exemple saisissant de la possibilité, pour l’homme, de suivre au moins deux Béatitudes : il est miséricordieux et il pleure.