RÉFLEXIONS pour Jc 3:1-18
Les paroles de l’épître catholique de l’apôtre Jacques, selon lesquelles une même source ne peut faire jaillir de l’eau salée et de l’eau douce, ont malheureusement une grande force accusatrice. L’apôtre dit que si, tout en prétendant connaître la vérité, tu gardes dans ton cœur une jalousie amère et un esprit querelleur, tu es un menteur. « Ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre la vérité », dit l’apôtre. La vantardise dont il est question est précisément la prétention d’un homme querelleur à porter le nom de chrétien.
L’apôtre Jacques explique en détail ce qui caractérise l’homme qui vit selon la véritable sagesse divine. Il dit que cette sagesse est pure, c’est-à-dire qu’elle ne vise pas sa propre exaltation. La sagesse céleste est pacifique : elle recherche la paix plus que toute autre chose. Elle est modeste et docile, car elle accorde plus de prix à la paix qu’au sentiment humain d’avoir raison. La sagesse céleste est pleine de miséricorde et de bons fruits, parce qu’elle cherche à accomplir la volonté du Christ. Elle est étrangère aux divisions (« impartiale » dans le texte synodal) et sans hypocrisie, car elle reconnaît que la loi divine est la même pour tous.
Les paroles de l’apôtre dans la dernière partie du passage d’aujourd’hui, « D’où viennent les guerres et les querelles parmi vous ? », peuvent s’appliquer aussi bien aux chrétiens pris individuellement qu’aux grandes « divisions » du peuple chrétien. L’esprit querelleur dont parle l’apôtre Jacques se manifeste en nous lorsque nous maugréons contre les chrétiens qui se tiennent à nos côtés et leur faisons arrogamment la leçon, bien que nous ne différions en rien d’eux. Et lorsque nous reprochons aux autres les diocèses ouverts sur notre territoire (le nôtre, non celui de Dieu), alors que nous avons nous-mêmes quantité de diocèses en terres étrangères, c’est encore le même esprit querelleur. Hélas.
