RÉFLEXIONS pour Mc 8:27-9:1
Le passage d'aujourd'hui décrit l'événement que l'on appelle habituellement la confession de Pierre. Pierre fut en effet le premier des apôtres à appeler Jésus le Christ ou, en hébreu, le Messie (v. 29). Il n'est pas étonnant que beaucoup de ceux qui entendaient Jésus L'aient pris pour un prophète (v. 28) : tant la manière de vivre de Jésus que la forme de Sa prédication rappelaient surtout la vie et la prédication des prophètes d'autrefois. Il n'est pas étonnant non plus que certains L'aient pris pour l'ancien prophète Élie ou pour Jean le Baptiste, récemment exécuté par Hérode. À cette époque, beaucoup attendaient la venue prochaine du Messie-Christ et, selon une croyance largement répandue dans le peuple, Élie devait revenir du ciel sur la terre peu avant cet événement. De nombreuses légendes circulaient également autour du nom de Jean le Baptiste, injustement exécuté. On disait notamment que Dieu l'avait ressuscité, attestant ainsi que Jean avait eu raison et confirmant que la venue du Messie-Christ était déjà proche. Il est intéressant de noter qu'Hérode lui-même était prêt à le croire (Mc 6:16). La parole était désormais prononcée : Pierre avait pour la première fois appelé Jésus à haute voix le Messie (le Christ), et il fallait maintenant raconter aux apôtres tout ce qui se rapportait au ministère messianique de Jésus sur la terre, tout ce qui concernait la Croix et la Résurrection (v. 31). Le thème principal pour Jésus est ici celui de l'« âme », mot qui, dans la Bible, désigne habituellement la vie (v. 34-38). Jésus montre qu'il n'existe pas dans le monde de vie véritable dans toute sa plénitude et que, même s'il gagne le monde entier, l'homme ne trouvera pas une telle plénitude. Au contraire, en obtenant tout, il peut perdre l'essentiel (v. 36). Il est également impossible de préserver une vie humaine isolée : dans son isolement, elle est finie et, tôt ou tard, chacun devra s'en séparer, car rien ne permet de se racheter de la mort (v. 35, 37). Il n'y a qu'une issue : élargir les limites d'une vie humaine individuelle afin de recevoir la plénitude de la vie du Royaume de Dieu apportée dans le monde par le Christ. Alors, au lieu d'une vie isolée, finie et limitée, on reçoit la vie infinie du Royaume de Dieu dans toute sa plénitude, sans se détourner de Jésus par peur ou par honte, mais en Le suivant au contraire (v. 34-35, 38).
