RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Ac 13:24-25

En quoi consistait donc la mission de Jean le Baptiste? À rappeler au peuple juif le Messie? Mais les attentes messianiques, à cette époque en Judée et plus généralement en Palestine, étaient très intenses, si intenses que, périodiquement, ici ou là, éclataient des soulèvements messianiques conduits par un nouveau prétendant à la messianité.

On pourrait dire: à préparer le peuple à l’apparition du Messie. Oui, mais en quel sens? Rappeler les commandements, les normes et les règles de la vie spirituelle? Les chefs du mouvement pharisien s’en acquittaient très bien, ce que Jésus Lui-même reconnaissait en conseillant d’accomplir tous les conseils des maîtres pharisiens. Le sens principal de la prédication de Jean était manifestement ailleurs, même si, bien sûr, il ne se lassait pas de rappeler la nécessité d’observer les commandements, comme tout vrai prophète. Mais le centre de sa prédication était bien l’appel à la conversion. Certes, dans les paroles de Jean, il n’y aurait rien eu de nouveau ni d’original si elles avaient été adressées aux païens.

Mais elles n’étaient pas adressées aux païens, mais aux Juifs eux-mêmes. Et non à quelques apostats ayant oublié le Dieu de leurs pères, mais à des personnes croyantes et profondément religieuses. Jean a compris ce que les pharisiens, venus à lui pour accomplir l’ablution à laquelle le prophète appelait, ne pouvaient ni ne voulaient croire: il lui fut révélé qu’il n’y avait personne de prêt à rencontrer et accueillir dignement le Messie, personne même dans le peuple de Dieu. Même pour un homme profondément religieux, il fallait en réalité une nouvelle conversion: car au seuil du Royaume, selon les paroles mêmes de Jean, le Messie le rencontrerait et le laverait «dans l’Esprit de Dieu et le feu».

Il fut révélé au prophète ce que même les apôtres ne comprirent pas tout de suite: dans le Royaume, tout commence à neuf, sur une page blanche. Et cette page ne doit pas être souillée. Les pharisiens, hommes profondément religieux et observant donc strictement toutes les normes et règles de pureté rituelle, s’étonnaient: pourquoi cet étrange prophète appelle-t-il chacun à l’ablution? Eux, par exemple, ne sont pas des païens, et ils n’ont pas commis de tels péchés qui exigeraient d’eux des rites de purification!

Par précaution, certains d’entre eux accomplissaient tout de même l’ablution à laquelle Jean les appelait, mais ils n’en comprenaient toujours pas le sens, suscitant la réprimande indignée du prophète qui les accusait d’hypocrisie. Ainsi, avant même la venue du Christ dans le monde, s’est dessinée cette frontière séparant la religion et le Royaume, frontière qui par la suite poussera beaucoup de pharisiens à haïr Celui qui a apporté le Royaume dans le monde. Frontière qui marquait le chemin de la croix.