RÉFLEXIONS pour Ps 3
La prière que le roi David élève vers Dieu dans la détresse est instructive à bien des égards. Ce qui attire d'abord l'attention, c'est la manière dont David voit ceux qui s'opposent à lui. Beaucoup, se plaint le roi, disent : « Il n'y a pas de salut pour lui en Dieu. » C'est en cela que notre hostilité humaine est si terrible : nous dirigeons notre méchanceté contre la vie même de l'autre. Comme Caïn, nous tuons parce que nous ne voulons pas que l'autre rencontre Dieu. Et, par sa prière, David défend précisément cela, ce qu'il y a de plus précieux. Non pas le royaume, ni la richesse, ni la grandeur terrestre, mais le salut en Dieu.
Quoi que puissent vouloir les ennemis du roi, le Seigneur l'entend. Dieu, dont le trône demeure au-dessus des cieux, entend le cri de l'homme, comme Il l'a révélé à Moïse sur le mont Sinaï. Les paroles du troisième psaume, qui fait partie des Six Psaumes, sont bien sûr beaucoup plus familières en slavon d'Église : « De ma voix j'ai crié vers le Seigneur, et Il m'a entendu du haut de Sa montagne sainte. » David constate un fait qui continuera de susciter notre émerveillement et notre joie tant que ce monde subsistera. Dieu entend la voix de l'homme qui s'adresse à Lui. Une quelconque hostilité humaine peut-elle se comparer à ce bonheur ? Et peut-on vivre sans s'appuyer sur lui ?
En disant que Dieu entend et protège, David sait et croit tout à la fois. Pour des raisons historiques et culturelles, nous séparons souvent l'expérience et la foi, allant même jusqu'à les opposer. Pour David, comme pour tous les auteurs bibliques, elles sont au contraire très étroitement liées. La foi dans l'aide de Dieu, exprimée dans la prière, conduit David à savoir que sa confiance n'est pas vaine. L'expérience de l'espérance lui permet de continuer à faire confiance. Ainsi, le chemin de l'homme ressemble à la marche de l'apôtre Pierre sur les eaux, où chaque pas suivant n'est possible que sur la base d'une foi qui s'est vérifiée. C'est de là que vient la parole de l'apôtre Paul selon laquelle la foi est la réalisation de ce que l'on espère. Combien peu, pourtant, cette foi biblique a de commun avec une hypothèse sur l'existence de Dieu, que nous appelons foi.
David termine sa prière par une demande d'aide, de défaite des ennemis. « Lève-Toi, Seigneur ! » crie-t-il au Tout-Puissant. C'est un point d'une importance fondamentale dans la prière des chrétiens : selon la parole du Christ, le Père céleste connaît tous nos besoins, et pourtant nous les Lui présentons. Sans notre volonté exprimée dans la prière, Dieu n'interviendra pas dans notre vie et ne violera pas notre liberté. David demande donc ce que Dieu connaît déjà, il demande de l'aide. Dans cette demande, il importe également que David ne s'attribue pas son salut. « Le salut vient du Seigneur », et de Lui seul.
