RÉFLEXIONS pour Ac 24:1-27
Les accusateurs de Paul, comme les accusateurs du Christ, veulent se débarrasser de lui en recourant au pouvoir romain. Mais par là même ils se privent du droit moral d'accuser Paul de trahison et de collaboration avec les païens, puisqu'ils sont eux-mêmes prêts non seulement à entrer en contact étroit avec les occupants païens, mais encore à les soutenir activement, pourvu qu'ils les aident à se débarrasser de compatriotes indésirables. Pour Paul, en revanche, l'observance des lois romaines n'est pas une fin en soi, ni un moyen de régler ses comptes avec ses adversaires, mais l'utilisation d'une possibilité de répandre la Bonne Nouvelle dans tout l'empire.
Paul prend la parole deux fois devant Félix: d'abord lors de l'audience judiciaire en sa présence, puis dans un cadre privé. Les deux fois, Félix interrompt l'entretien; mais si, la première fois, après le discours diplomatiquement mesuré de Paul, Félix manifeste son intention d'éviter de prononcer une condamnation et de livrer Paul à la vindicte, la seconde fois Félix fut saisi de crainte en entendant les paroles de reproche du prisonnier. Félix ne voulut pas seulement changer ses voies; il ne voulut même pas essayer de comprendre la motivation de Paul, sans quoi il aurait dès le début renoncé à l'espoir de recevoir un pot-de-vin. Félix avait une vraie chance d'élargir sa compréhension du monde et des hommes et de commencer une vie nouvelle, mais il ne voulut pas s'en servir.
