RÉFLEXIONS pour Ga 6:11-18 — le 5 novembre 2023

RÉFLEXIONS pour Ga 6:11-18

En concluant sa discussion sur la circoncision, Paul met les points sur les i. Il dit ouvertement que les prédicateurs qui poussent les chrétiens de Galatie à se faire circoncire n'agissent ainsi que pour éviter les persécutions : au fond, le judaïsme leur est indifférent, ils ne sont pas si religieux et veulent seulement prendre l'apparence de Juifs observants afin d'éviter les ennuis (v. 12–13). Bien plus, ils appelaient peut-être aussi les chrétiens à se faire circoncire pour mériter les éloges de ceux qui, autrement, les auraient considérés comme des ennemis. Non seulement ils ne s'opposaient pas à la circoncision, mais ils y amenaient beaucoup de personnes ; aux yeux des chefs de la Synagogue, cela pouvait en soi mériter des louanges, voire parfois les inciter à fermer les yeux sur le contenu de la prédication de ceux sur lesquels ils auraient autrement déchaîné leur colère.

Il s'agissait d'une sorte de compromis : le droit de prêcher le Christ en échange de l'obligation de prêcher la nécessité de la circoncision. Mais Paul s'oppose manifestement avec vigueur à tout compromis de ce genre : pour lui, la circoncision, comme le judaïsme dans son ensemble, est une chose trop sérieuse pour servir de monnaie d'échange. Il confirme l'attitude envers la religion qu'il a déjà exprimée à plusieurs reprises : dans le Christ, elle ne compte pour rien ; circoncis et incirconcis y sont égaux (v. 15).

Pour ceux qui l'acceptent, la religion peut devenir une forme naturelle et organique de vie dans le Royaume, et Paul est prêt à saluer le choix qu'ils ont fait (v. 16). Mais il se considère lui-même comme entièrement libre dans son rapport à la religion, y compris sur les questions de circoncision : l'apôtre estime manifestement que les souffrances endurées pour le Christ suffisent à fonder cette attitude (v. 17). C'est ainsi que Paul résout la question de la religion, insoluble dans notre monde encore non transfiguré : dans l'esprit de cette liberté qui, dans le Royaume, réconcilie tout ce qui est exempt de péché.