RÉFLEXIONS pour Actus 15:1-35 — le 30 octobre 2023

RÉFLEXIONS pour Ac 15:1-35

La lecture d'aujourd'hui nous raconte l'événement que les historiens de l'Église appellent généralement le Concile des Apôtres (v. 6). La principale question débattue y fut manifestement celle de la religion et de sa place dans l'Église. Rien d'étonnant : certains prédicateurs exigeaient des nouveaux convertis l'observation obligatoire des normes et des lois de la religion juive (v. 1–2). Ces prédicateurs estimaient apparemment que certaines normes et règles religieuses étaient obligatoires pour le Royaume. Cela n'a rien de surprenant : selon le témoignage de l'évangéliste, ils venaient de Judée et étaient donc, comme tous ses habitants, des hommes profondément religieux. La pratique religieuse juive constituait pour eux un mode de vie naturel et organique, hors duquel ils ne concevaient manifestement pas même le Royaume. Mais cette pratique était étrangère aux convertis venus du paganisme ; aussi Pierre pose-t-il au concile une question raisonnable : peut-on imposer à d'anciens païens ce qui dépassait parfois les forces des Juifs eux-mêmes (v. 10) ? L'essentiel était pourtant ailleurs. La question de fond était de savoir ce qui est nécessaire au salut, pour entrer dans le Royaume. Il y avait apparemment dans l'Église des personnes convaincues que l'accueil du Christ seul ne suffisait pas et que, sans religion, on ne pouvait entrer dans le Royaume (v. 5). Mais les apôtres et les autres participants au concile en décidèrent autrement : pour le Royaume, l'appartenance religieuse n'est pas une question fondamentale. Cette décision fut exprimée dans le langage alors courant dans l'Église, celui de la législation religieuse. Il fut recommandé aux convertis venus du paganisme de s'abstenir des aliments sacrifiés aux idoles, donc de participer aux cultes païens, ainsi que de l'effusion de sang et de la débauche ; on réaffirma aussi la célèbre « règle d'or » : ne pas faire aux autres ce qu'on ne veut pas pour soi-même (v. 29). De telles normes étaient traditionnellement proposées aux prosélytes qui n'avaient pas l'intention d'adopter le judaïsme, mais croyaient au Dieu d'Abraham. Le Concile des Apôtres confirmait ainsi qu'un ancien païen ayant accueilli le Christ n'était pas obligé d'adopter le judaïsme pour être sauvé. Religion et vie spirituelle étaient clairement distinguées, et le chemin du Royaume était ouvert à chacun, quelle que soit son appartenance religieuse. Cette décision était d'une importance capitale : elle soulignait une fois encore que le christianisme n'est pas une nouvelle religion, mais la vie dans le Royaume, ouverte à quiconque a foi en Jésus-Christ et entretient une relation personnelle avec Lui. La religion ne restait qu'un moyen susceptible d'aider parfois l'homme sur le chemin du Royaume. Elle pouvait trouver une place aussi bien dans le Royaume que dans l'Église. Mais à une condition impérative : elle ne devait pas cacher le Christ à ceux qui Le cherchent ni leur fermer le chemin du Royaume. À personne, jamais.