RÉFLEXIONS pour Ez 25:1-17 — le 31 août 2023

RÉFLEXIONS pour Ez 25:1-17

L’histoire d’Israël et de ses relations avec Dieu occupe une place centrale dans la Bible en général et dans l’Ancien Testament en particulier. S’adressant à Son peuple, le Seigneur ne cesse de dire qu’Il est l’unique Seigneur et que le destin de chaque personne et du peuple dans son ensemble dépend uniquement de leurs relations avec Lui, de leur fidélité à Son alliance. Mais cela ne signifie pas que l’histoire du monde n’ait d’autres acteurs que Dieu et Israël. À partir du chapitre 25, le prophète Ézéchiel inclut dans son livre des paroles sévères concernant plusieurs peuples voisins, les faisant ainsi entrer dans l’histoire commune de l’humanité devant Dieu.

Les relations d’Israël avec ses voisins ont toujours été tendues, c’est le moins qu’on puisse dire. Apparentées à Israël à bien des égards, ces tribus ont été pour les Israélites, au fil des siècles, une source de tentation, parfois culturelle, mais surtout religieuse. C’est précisément le danger d’être entraînés dans l’idolâtrie qui a suscité de nombreuses interdictions religieuses concernant les rapports avec les autres peuples. Pour des raisons psychologiques compréhensibles, cela a conduit les Israélites à prendre l’habitude de considérer les gens des autres peuples comme impurs, comme mauvais d’une certaine manière. On devine sans peine que ces peuples rendaient la pareille à Israël, car les êtres humains ont généralement tendance à glisser facilement dans les reproches et le mépris réciproques. Au cours de l’histoire, les peuples de Canaan furent tantôt soumis aux rois d’Israël, tantôt indépendants, et conclurent parfois des alliances militaires et politiques avec les Israélites. Mais ces relations se développèrent toujours sur fond de séparation religieuse et ne furent jamais sincères.

Lorsque Israël, ayant rompu l’alliance avec son Créateur, subissait les coups de l’Assyrie, puis de Babylone, les tribus voisines s’en réjouissaient avec une malveillance certaine. Cela ne se traduisait nullement par les seules paroles méprisantes sur Israël et son Dieu : de nombreuses tribus et de petits rois de Palestine cherchaient à participer, aux côtés des Babyloniens, au pillage de la Palestine. Souvent, les villages à demi détruits et sans défense des Israélites subissaient les attaques dévastatrices des peuples voisins, qui anéantissaient ce que les Babyloniens avaient laissé. Tels des chacals, ils dévoraient les restes du festin sanglant du lion. Pour Israël, c’était presque un malheur plus grand encore, car, après ces coups, il n’était plus possible de se relever : les peuples voisins transformaient Juda en désert.

Ce qui était particulièrement douloureux, c’est que ces tribus étaient apparentées à Israël et avaient longtemps vécu avec lui dans un même pays. Nous pouvons, dans une certaine mesure, tenter de nous le représenter à travers l’exemple des relations entre les pays postsoviétiques, qui se traitent les uns les autres, et surtout traitent la Russie, comme s’ils étaient totalement étrangers et n’avaient aucune histoire commune.

Les actions des peuples voisins ne pouvaient rencontrer aucune résistance de la part d’Israël dévasté, mais elles ne pouvaient non plus échapper à un jugement moral. Dès le début de sa prédication, le prophète Amos disait que Dieu exige une humanité élémentaire de tous les peuples sans exception. Moins d’un demi-siècle avant la destruction de Jérusalem, le prophète Nahum parlait du sort de l’Assyrie en la soumettant précisément à un tel jugement moral. Dans la seconde moitié du VIe siècle, le petit livre du prophète Abdias sera consacré aux incursions des Édomites dans la Judée ravagée. Le prophète Ézéchiel n’élude pas non plus ce sujet.

L’essentiel de ses prophéties sur les peuples voisins tient avant tout au fait qu’ils répondent de leurs actes devant Dieu, même s’ils n’en ont pas eux-mêmes conscience. Le Seigneur dit au prophète que ces peuples qui cherchent à frapper Jérusalem déjà à terre n’échapperont pas au même sort, car la règle d’or « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas subir toi-même » s’applique également à eux. Dans le contexte du livre du prophète, cela est très important. Dieu dit que l’invasion babylonienne est l’épée de Dieu, qui sert non à détruire Israël, mais à le purifier. C’est pourquoi tous ceux qui cherchent à s’enrichir aux dépens du peuple de Dieu souffrant ne resteront pas impunis. Leur cruauté injuste envers Israël retombera sur eux, et ils subiront eux-mêmes le même sort. En un certain sens, dans cette situation historique, le prophète assimile les peuples voisins à ces Juifs qui se moquaient du Christ crucifié sans comprendre ce qui se passait sous leurs yeux.