RÉFLEXIONS pour Rm 2:25
Au début, les réflexions de Paul sur la vraie et la fausse circoncision apparaissent comme une polémique avec les Juifs qui n'ont pas accueilli le Christ et qui s'opposaient à la prédication évangélique. En effet, la venue du Christ et la séparation entre ceux qui L'ont accueilli et ceux qui L'ont rejeté ont rendu plus aiguë la question de savoir qui doit être considéré comme un vrai Juif : celui qui reconnaît formellement les commandements de la Loi, ou bien ceux qui l'accomplissent. Cette question s'est posée avec une acuité plus grande encore lorsque les communautés chrétiennes se sont accrues d'anciens païens qui n'étaient pas passés par l'agrégation au peuple juif. Mais aussitôt la question se pose autrement : les raisonnements de l'apôtre ne nous concernent-ils pas nous aussi ? Ne transformons-nous pas, comme les Juifs repris par Paul, notre baptême en formalité rituelle ? Ne devenons-nous pas, nous qui connaissons les commandements de la Nouvelle Alliance mais ne vivons pas selon eux, semblables aux observateurs des lois de l'Ancien Testament dont il est ici question ?
Mais de même que l'éloignement de tels Juifs de l'essence de la Loi ne les prive pas du grand avantage qu'ils ont à tous égards, celui d'avoir reçu l'annonce de la Parole de Dieu, de même les chrétiens formels ne peuvent abolir la vérité de l'Évangile.
Paul mentionne aussi l'enseignement attribué aux chrétiens selon lequel il faudrait faire le mal pour qu'il en sorte du bien. Une interprétation légère du proverbe « tout ce que Dieu fait est pour le mieux » a encore cours aujourd'hui. Oui, tout ce qu'Il fait est réellement pour le mieux, mais nous n'avons pas le droit de faire passer nos actes pour Ses œuvres. Nous n'avons pas non plus le droit de faire le mal irresponsablement en espérant que le Seigneur en corrigera les conséquences. Il les corrigera, mais Il nous demandera aussi compte du mal. La miséricorde du Seigneur est sans limites, mais nous n'avons pas le droit d'en abuser.
