RÉFLEXIONS pour Ez 1:1-28
Aujourd'hui, conformément au plan de lecture de la Bible sur trois ans, nous commençons à lire des passages choisis du livre du prophète Ézéchiel. L'un des « grands prophètes », Ézéchiel naquit en Judée vers 622 avant J.-C. et était prêtre. Emmené à Babylone avec la première caravane de captifs en 597 avant J.-C., il vécut dans le village de Tel-Abib, au bord du fleuve Kebar, près de Nippur, l'un des centres religieux de la Babylonie. C'est là, au bord du Kebar, que Dieu accorda au prophète plusieurs visions, par lesquelles débuta son ministère prophétique en 592 avant J.-C. Ézéchiel avait alors environ trente ans. La maison du prophète à Tel-Abib, comme celles de nombreux prêtres en exil, devint un lieu de rassemblement pour les Juifs déportés (c'est précisément de ces maisons d'assemblée, à l'époque de l'Exil, que naquit la synagogue). C'est probablement aux personnes qui venaient le voir que le prophète adressait ses prédications enflammées. On ignore à quelle époque il les consigna dans un livre. Le prophète mourut vers 571 avant J.-C.
Le premier chapitre du livre du prophète Ézéchiel contient la description de sa première vision, qui fut en même temps son appel au ministère prophétique. La question la plus brûlante de la vie spirituelle du prophète, comme de tout Israël au début de l'Exil, était probablement : « Pourquoi ? » Pourquoi cela s'était-il produit ? Comment était-il possible que la cité de David, apparemment protégée à jamais par la promesse de Dieu, ait été dévastée ? Et pourquoi Israël, le peuple élu de Dieu, n'avait-il pas entendu les avertissements redoutables et les appels au repentir que le Tout-Puissant lui adressait par les prophètes de la fin du VIIe et du début du VIe siècle ? Que s'était-il passé ? Et voici qu'une vision indescriptible apparaît à Ézéchiel, et que la gloire de Dieu se révèle à lui comme une réponse à toutes ces questions douloureuses.
Le rayonnement de la gloire transcendante de Dieu, qu'Ézéchiel tente de décrire, n'est que le début de la révélation. Ensuite, le Seigneur prononcera la parole que le prophète annoncera à ses compatriotes et aux générations à venir. Mais il importe qu'il commence par décrire un spectacle extraordinaire. Dans le grondement du vent du nord, qui avait toujours été pour Israël le symbole de la colère de Dieu, le prophète contemple en silence un mouvement mystérieux. La description même de la vision du prophète Ézéchiel déterminera à jamais toute la représentation visuelle des puissances célestes dans l'esprit des croyants. Toute l'iconographie chrétienne des puissances incorporelles repose, d'une manière ou d'une autre, sur les paroles d'Ézéchiel. Mais pour son époque, cette description est absolument unique. Les prophètes des temps anciens — Moïse, Élie, Isaïe — auxquels Dieu avait accordé de contempler Sa Gloire, s'étaient limités à des images imprécises. Dans le Pentateuque de Moïse, les manifestations de Dieu se produisent dans des ténèbres que le regard humain ne peut pénétrer. La présence du Tout-Puissant effleure Élie comme le souffle d'un vent léger. Isaïe, selon ses propres termes, ne voit que les pans de Ses vêtements et entend les voix d'êtres incorporels. Avant Ézéchiel, la seule image visible de la gloire de Dieu était la colonne de feu et de nuée qui marchait devant Israël lors de la sortie d'Égypte. Ézéchiel tente pour la première fois, au moyen de ressemblances avec des objets terrestres, de décrire — ou, plus exactement, de peindre avec des mots, comme sur une icône — ce qui lui a été révélé.
Il est difficile de donner une interprétation détaillée de la vision de la gloire de Dieu décrite par Ézéchiel au premier chapitre. Un trait caractéristique de cette description est son caractère approximatif. Le prophète lui-même appelle ces images des « ressemblances », afin que nous ne soyons pas tentés de penser que nous connaissons exactement et avons vu toute la plénitude de la Gloire. On peut néanmoins distinguer plusieurs aspects significatifs de la vision.
Il y a d'abord ce mouvement mystérieux qui s'accomplit simultanément « dans les quatre directions ». Insaisissable sur le plan iconographique, ce mouvement souligne que le prophète voit quelque chose de vivant : la Gloire du Dieu Vivant. En même temps, ce mouvement incessant se révèle à lui comme le sens et la force qui guide toute l'histoire humaine. Il voit Dieu venir à Son peuple, comme Il l'avait promis par les prophètes. Ensuite, un trait caractéristique de la vision d'Ézéchiel est la lumière, le rayonnement de la Divinité. Il y a là à la fois la continuation de la tradition de l'Ancien Testament et l'annonce du Christ, qui sera la Lumière du monde. Le prophète répète ensuite à de nombreuses reprises le nombre quatre dans sa description. Dans le langage de la symbolique biblique des nombres, ce nombre désigne avant tout les quatre points cardinaux, le monde entier. La Gloire que contemple le prophète embrasse le monde entier, et celui-ci lui apparaît comme le marchepied du Tout-Puissant. Enfin, malgré toutes leurs différences, les étranges créatures ailées aux multiples faces ont ceci en commun : aucune ne ressemble à un être humain. Il y a donc ici une opposition à la représentation anthropomorphique des puissances incorporelles, si caractéristique des cultures orientales et hellénistiques. Mais au centre de la vision se trouve une mystérieuse figure semblable à un être humain, que le prophète décrit dans les dernières lignes du premier chapitre. On peut dire que ce n'est pas tant la vision du prophète qui ressemble à l'être humain que l'être humain qui ressemble à Celui dont la Gloire s'est révélée à Ézéchiel. C'est en partie sur cette vision que repose l'emploi, par le prophète et ses successeurs, de l'expression « Fils de l'homme », par laquelle le Seigneur Jésus-Christ Se désigne le plus souvent.
