RÉFLEXIONS pour Rm 13:13 — le 19 juillet 2023

RÉFLEXIONS pour Rm 13:13

Les paroles de l'apôtre sur la lumière du jour, dans laquelle il vaut mieux ne pas se conduire de façon indigne, font parfois sourire : en les lisant, on pourrait penser que, sous le couvert de la nuit, on peut faire ce qu'on ne ferait pas à la lumière du jour. Pourtant, Paul parle du jour dans un sens particulier, propre au yahvisme. Le jour de Yahvé, ou, comme on l'appelle d'ordinaire dans les traductions russes, le jour du Seigneur, est un temps particulier dans la vie du peuple de Dieu. C'est le temps où Dieu intervient directement et immédiatement dans la vie du peuple.

On appelait jour de Yahvé, par exemple, les temps de catastrophes naturelles ou de guerres. Mais à une telle intervention se rattachait aussi l'idée du jugement de Dieu. Ce jugement a été compris de façon différente selon les époques. La représentation la plus ancienne et la plus simple le voyait comme une guerre ou une catastrophe naturelle infligée en punition du péché commis par le peuple.

Mais déjà avant l'exil de Babylone, cette représentation céda la place à une autre : on commença à regarder le jugement comme une sorte de pesée de l'homme et de ses œuvres sur des balances spirituelles, à peu près comme les peuples voisins se représentaient le jugement divin. Chez ces peuples, ce jugement était d'ordinaire posthume : on pesait sur les balances l'âme de l'homme venue au jugement ; chez les Juifs, Dieu pesait les actions humaines du vivant même de l'homme, déterminant s'il méritait d'être laissé en vie ou si, par ses actes, il méritait déjà la mort.

Le Sauveur parle du jugement tout autrement : selon Ses paroles, le jugement consiste en ceci que la lumière est venue dans le monde, et Il a clairement en vue la lumière du Royaume qu'Il a apporté au monde ; désormais, il dépend de l'homme lui-même d'accueillir cette lumière ou de s'enfuir, parce qu'il comprend que sa vie est incompatible avec cette lumière.

Paul comprend de même le jour de Yahvé : c'est le jour où la lumière entre dans le monde. Et si, auparavant, on pouvait encore tarder à choisir, remettre à plus tard le repentir et la conversion, désormais il ne reste plus de temps : il faut prendre la décision immédiatement et, l'ayant prise, l'accomplir résolument et sans dévier. En effet, il s'agit du salut, du Royaume, de ce qui détermine le destin de l'homme dans l'éternité. Ici, les hésitations ne sont pas de mise.