RÉFLEXIONS pour Ez 17:1-24
La lecture d’aujourd’hui nous propose une parabole d’Ézéchiel, dont le sens est lié aux relations difficiles qui se nouaient entre la Judée, alors vassale de la Babylonie, et l’Égypte (v. 11–15). Au moment où fut prononcé le sermon rapporté ici, le prophète vivait déjà à Babylone, mais Jérusalem n’avait pas encore été détruite, comme elle le serait plus tard.
Ézéchiel arriva à Babylone avec le premier groupe d’habitants déportés de Jérusalem en 589 av. J.-C. La ville fut alors prise par les Babyloniens, mais ne fut pas entièrement détruite ; une garnison babylonienne et une administration locale fidèle aux nouvelles autorités y furent laissées. Deux ans plus tard, cependant, en 587 av. J.-C., une révolte éclata dans la ville, organisée avec le soutien de l’Égypte, qui se trouvait alors en guerre contre la Babylonie. Mais, comme Ézéchiel l’avait annoncé (v. 17), l’Égypte ne put apporter d’aide substantielle aux insurgés. La révolte fut réprimée, et la ville et le Temple furent rasés, comme on le faisait habituellement à cette époque avec les villes rebelles.
Ézéchiel, comme l’autre prophète, Jérémie, témoin direct et participant involontaire de ces événements (Jr 52), avertit à plusieurs reprises que les projets des insurgés ne se réaliseraient pas et que la révolte s’achèverait par une défaite et un grand bain de sang (v. 18–21). Une telle position devait sans doute paraître collaborationniste et indigne d’un patriote à beaucoup de gens.
Ézéchiel comprenait ce que beaucoup d’autres ne comprenaient pas, y compris les chefs de la révolte antibabylonienne. Il comprenait qu’il était impossible de faire revenir l’histoire en arrière. Le succès de la révolte n’aurait pu signifier qu’une chose : le retour au passé, à l’état du peuple et du pays qui avait précisément conduit à la catastrophe. Mais Dieu n’avait pas besoin d’une restauration ; Il ne voulait pas que Son peuple retourne au passé. Il Lui fallait le conduire en avant, à travers le repentir et la conversion, vers un renouvellement spirituel sans lequel le retour sur la terre des pères et la reconstruction de la ville et du Temple n’auraient eu aucun sens spirituel. Mais cela n’était pas facile à comprendre, car la conscience religieuse collective de l’époque préexilique n’était nullement portée au repentir ni même à la réflexion en général. Au contraire, peu avant la prise de la ville par les Babyloniens en 589 av. J.-C., un esprit de suffisance et de quiétude y dominait, fortement mêlé d’un nationalisme particulier teinté de religion que beaucoup prenaient pour du yahvisme. Dieu, bien sûr, ne pouvait permettre à Son peuple de revenir à un tel état ; Il entendait le conduire en avant, vers le renouvellement spirituel, même contre la volonté de ceux qui auraient voulu revenir en arrière.
