RÉFLEXIONS pour Jr 2:1-37 — le 26 juin 2023

RÉFLEXIONS pour Jr 2:1-37

La dénonciation par Jérémie de l'apostasie d'Israël, que nous trouvons dans la lecture d'aujourd'hui, rappelle beaucoup ce que d'autres prophètes de l'époque antérieure à l'exil disaient au peuple. Et pourtant, il y a dans cette prédication quelque chose de particulier. Il s'agit du refus par le peuple de reconnaître son péché (v. 23). Un tel refus apparaît pour la première fois dans l'histoire du peuple de Dieu, et il paraît assez étrange : en effet, le fait de participer ou non aux cultes païens est évident pour tous ; comment donc nier ce qui est évident pour tous ?

Pour comprendre la situation, il importe de tenir compte des particularités de la politique religieuse du roi Josias, sous le règne duquel, semble-t-il, la prédication du prophète rapportée ici a été prononcée. Josias mena dans le pays toute une série de réformes religieuses. Il supprima tous les sanctuaires païens et centralisa le culte yahviste. Sous le règne de Josias, la religiosité yahviste revint à la mode et, comme il arrive d'ordinaire en pareil cas, on vit aussitôt apparaître en Judée une multitude de croyants yahvistes qui, peu auparavant encore, étaient païens.

On pourrait croire qu'il n'y avait qu'à se réjouir d'un tel réveil religieux, et beaucoup s'en réjouissaient effectivement. Mais Jérémie rappelle à ces païens récents leur passé païen, leur reprochant leur apostasie. À première vue, la position est étrange. Mais le prophète comprenait manifestement très bien ce que les autres ne comprenaient pas. Il savait qu'une véritable conversion à Dieu est impossible sans repentir, sans révision complète de toute la vie passée et sans prise de conscience de sa responsabilité pour les péchés commis. Or cela, justement, ne s'était pas produit : ces païens récents, qui en leur temps avaient facilement et sans réfléchir échangé le yahvisme contre le paganisme, revenaient maintenant tout aussi facilement et sans réfléchir à la foi des pères, suivant moins la voix de leur propre cœur que la nouvelle mode et la politique des autorités.

Jérémie savait ce que valait une telle foi, car lui, comme tout prophète, entretenait avec Dieu des relations profondes et très personnelles. Il comprenait ce qu'est une vraie conversion, et cette religiosité superficielle, que les nouveaux « yahvistes » aimaient manifestement afficher, lui répugnait. Rien d'étonnant : Dieu ouvrait au prophète les cœurs. Et dans le cœur, il voyait toujours le même paganisme, seulement légèrement recouvert d'une nouvelle forme religieuse.