RÉFLEXIONS pour Rm 11:2-4 — le 22 juin 2023

RÉFLEXIONS pour Rm 11:2-4

Paul parle de l'endurcissement du peuple dans le même sens où le livre de l'Exode parle de l'endurcissement du cœur de Pharaon devant Dieu (Ex 8:15, 8:32), et pour lui cela est inséparable des réflexions sur la providence de Dieu et la liberté de l'homme. Pourquoi donc l'homme s'endurcit-il ? Humainement, c'est parfaitement clair ; mais pourquoi Dieu n'est pas intervenu, il est impossible de le comprendre, tout comme il est impossible de comprendre pourquoi Il n'est pas intervenu dans le cas de Pharaon, dont le cœur était dans Sa main, comme l'étaient les cœurs de ceux qui rencontrèrent le Sauveur aux jours de Son ministère terrestre.

L'apôtre ne voit clairement qu'une chose : premièrement, tous ne se sont pas endurcis ; deuxièmement, ce n'est pas pour toujours. Il se souvient ici de l'histoire du prophète Élie, qui était lui aussi certain qu'il ne restait plus de fidèles à Dieu hormis lui, jusqu'à ce que Dieu Lui-même lui dise qu'il n'était pas seul. Quant au peuple juif, Paul parle de nouveau du reste dans un sens à peu près semblable à celui qu'avaient les prophètes d'avant l'exil. Eux aussi savaient que le Messie ne serait pas accueilli par tout le peuple, mais seulement par sa plus petite partie, qui devait encore se former, précisément au cours de persécutions et de catastrophes.

C'est ce qui arriva : le reste qui avait commencé à se former avant même l'exil fut persécuté par les autorités, puis, pendant l'exil, toute la communauté juive de Babylone devint le reste. Et ce n'est pas une image : dans l'exil, ne pouvait rester Juif que celui qui avait gardé la foi des pères ; les autres étaient condamnés à une assimilation rapide. À cette époque, le reste se distinguait par un critère religieux, et la communauté qui se forma devint donc une communauté ethnoconfessionnelle : était Juif, dans les temps postexiliques, quiconque appartenait à la Synagogue, qu'il soit né Juif ou qu'il ait reçu le judaïsme.

Mais lorsque le Messie vint, il apparut que la religiosité n'était pas le critère principal. Plus encore : il s'avéra que parfois elle empêche précisément l'homme de recevoir le Messie et d'entrer dans le Royaume. Paul le savait parfaitement, notamment par sa propre expérience. C'est pourquoi il parla du choix d'un autre reste, qui recevra le Messie et deviendra le nouveau peuple de Dieu. Mais ce nouveau peuple ne remplace pas l'ancien ; il grandit à partir de lui, de même que le judaïsme postexilique a grandi à partir du judaïsme d'avant l'exil. Seulement désormais, le trait principal du peuple n'est pas sa religiosité, mais sa disposition à vivre selon la grâce.