RÉFLEXIONS pour Os 8:1-14
La lecture d’aujourd’hui revient une fois encore sur le thème de l’apostasie d’Israël, et la menace de la défaite du pays et de la dispersion du peuple y retentit désormais ouvertement (v. 7–8). Il faut noter que la menace d’une défaite militaire et de l’absorption du Royaume du Nord par l’Empire assyrien en pleine expansion était alors tout à fait réelle. Bien que rien de tel ne soit arrivé du vivant d’Osée, peu après sa mort le Royaume d’Israël fut effectivement détruit et sa population dispersée sur tout le territoire de cet immense empire.
Selon le témoignage du prophète, cette dispersion ne fut pas un événement fortuit. Elle fut manifestement la conséquence de toute une chaîne d’événements spirituels. Tout commença lorsque le peuple de Dieu rejeta Dieu et la Torah, la Loi, cessant en substance d’être le peuple de Dieu malgré toutes ses déclarations et sa religiosité ostentatoire (v. 1–3). Dans une telle situation, le pas le plus naturel et le plus logique aurait semblé être le repentir et la conversion, mais, manifestement, rien de tel ne se produit. Comprenant que, avec le mode de vie qu’ils avaient choisi, ils ne pouvaient attendre aucun soutien de Dieu, les habitants du pays commencent à s’organiser eux-mêmes selon leurs lois et leurs conceptions humaines (v. 4). Cela concernait, semble-t-il, aussi bien la vie spirituelle et religieuse, les « veaux », que la vie sociale et politique.
Il faut remarquer que, d’après tout ce que nous en savons, les lois du Royaume du Nord correspondaient en effet fort peu aux normes de la Torah, tandis que la politique religieuse des autorités de cet État encourageait en substance le paganisme caractéristique de la majeure partie de sa population. Ce choix eut pour résultat qu’Israël cessa presque de se distinguer des peuples voisins, du moins en ce qui concernait la vie spirituelle. Dieu le laisse alors à la merci de son destin historique, qui, compte tenu de la situation militaire et politique qui se formait alors au Proche-Orient, ne pouvait qu’être très sombre.
Bien sûr, l’attrait des autorités comme du peuple pour le paganisme tenait en grande partie au fait que beaucoup l’associaient soit aux bienfaits de la civilisation, soit à la puissance militaire et politique. Il n’est pas étonnant que beaucoup aient espéré atteindre l’une et l’autre en s’assurant le soutien de dieux étrangers (v. 10–14). Dieu se retire alors, laissant Son peuple boire jusqu’à la lie ce qui lui avait paru si attirant de loin. Sous la protection de Dieu, même le monde païen, cruel et impitoyable dans son essence, pouvait paraître raisonnable et beau aux Juifs, car ils le voyaient non en lui-même, mais comme une partie du monde de Dieu, où tout est beau. Mais il suffit que Dieu se retire pour que toute la beauté du paganisme disparaisse et que le mal dont il était pénétré, comme l’est d’ailleurs tout le monde déchu, s’abatte sur eux, alors totalement sans défense. Il apparut alors que, sans Dieu, Israël n’était rien, que l’effacer de la face de la terre ne coûtait rien, et que toute sa prospérité et sa sécurité lui avaient été assurées par son Dieu, que les habitants du pays, hélas, oubliaient si souvent.
