RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Psa 120:7

Dans plusieurs psaumes s'exprime à maintes reprises la certitude que Dieu gardera Ses fidèles de tout mal. Au premier regard, ces affirmations peuvent paraître excessivement optimistes. Qui ignore que, de tout temps, bien des malheurs et des souffrances tombent d'ordinaire sur le juste ? Mais cette réponse ne paraît tout à fait univoque qu'au premier regard.

Que peut-on considérer comme un mal pour l'homme ? La réponse dépend entièrement du système de valeurs et de priorités qui guide telle ou telle personne. Un bien pour l'un peut très bien se révéler un mal pour l'autre. Cependant, dans le psaume, il ne s'agit pas simplement d'un homme, mais d'un homme de Dieu, d'un homme qui s'est engagé sur le chemin de la justice. Ici, la question du bien et du mal est entièrement déterminée par la volonté de Dieu, par la Torah, par les commandements.

Et, par principe, elle se résout autrement que lorsque l'homme vit selon les lois de ce monde. Que peut-on considérer comme le but principal du juste, quel est pour lui le bien suprême ? Comme pour tout homme, pour le juste le bien suprême serait la possibilité d'atteindre le but vers lequel le mène le chemin qu'il a choisi.

Dans ce monde, il arrive souvent qu'un homme qui a aspiré à un but et l'a atteint en soit ensuite déçu, n'y trouvant pas ce qu'il cherchait. Une telle chose ne peut arriver au juste : il ne sera pas déçu par son but. Or ce but, si l'on considère le chemin de la justice tout entier, du commencement à la fin, est le Royaume.

Avant la venue du Christ, il était encore trop tôt pour en parler ; mais après Sa venue, il est devenu clair que le chemin de chaque juste s'achève précisément là, dans le Royaume. Par conséquent, le seul mal pour le juste sera ce qui l'empêche de marcher sur le chemin de la justice et d'atteindre le Royaume.

Dans ce cas, la certitude des hymnographes selon laquelle Dieu gardera Ses fidèles du mal acquiert un sens nouveau : il s'agit du fait que Dieu les aidera à parcourir jusqu'au bout le chemin qu'ils ont choisi et à atteindre le but qui les attend à la fin. Les peines et les épreuves qui les attendent en chemin ne seront donc plus en elles-mêmes un mal : comme toutes les circonstances de la vie, elles ne sont qu'une sorte de matière première, un matériau de départ qui peut servir à celui qui marche sur le chemin de la justice soit pour son bien, soit pour son dommage, ce qui, bien entendu, ne justifie nullement ceux qui cherchent à rendre le chemin du juste plus difficile et à lui compliquer la vie.

Dieu promet à Ses fidèles qu'Il ne les abandonnera pas et qu'Il fera tout pour qu'ils arrivent au but, trouvant au terme du chemin le Royaume et le salut.