RÉFLEXIONS pour Lc 19:1-27
Que représentent les mines d’argent, ou les talents dans une autre version, dans cette parabole ? Il ne s’agit pas simplement de « talents », comme savoir jouer du violon ou multiplier mentalement des nombres à quatre chiffres. Manifestement, il s’agit de tout ce qui nous a été donné. (Et qu’est-ce qui ne nous a pas été donné ?) Tout bien qui se rencontre, ne serait-ce que rarement, dans notre vie peut servir de monnaie appropriée pour acquérir le Royaume de Dieu. Non qu’on puisse l’acheter, mais on peut y « investir ». Zachée, par exemple, n’a ménagé ni son argent ni sa réputation de « bandit » respectable, comme on dit aujourd’hui. Beaucoup n’ont pas ménagé leur vie ou, du moins, leur confort et leur « bonheur terrestre ». Et nous, souvent, nous rechignons même à sourire à quelqu’un que nous croisons. Nous rechignons à faire l’effort d’aider nos proches et à prendre le temps de nous arrêter au milieu de l’agitation pour penser à l’éternité. Or l’avarice spirituelle conduit à la faillite encore plus vite que l’avarice matérielle. D’abord parce que le rendement des opérations spirituelles est beaucoup plus élevé ; ensuite parce que les valeurs spirituelles ne peuvent pas être conservées en espèces : elles se dévaluent vite. Ainsi, l’Évangile nous appelle à faire circuler au plus vite les « fonds » d’autrui, d’autant plus que nous ne possédons rien en propre.
