RÉFLEXIONS pour Mc 7:31-37 — le 25 mars 2023

RÉFLEXIONS pour Mc 7:31-37

L'impression produite sur le peuple par les guérisons accomplies par Jésus était unanime : « Tout ce qu'Il fait est bon. » Que recouvre donc ce « bon » ? Le mot grec a plusieurs sens, mais il est peu probable que Jésus Lui-même et ceux qui L'entouraient aient parlé grec : la foule juive de Palestine préférait alors l'araméen au grec, tandis que, dans les synagogues, l'hébreu, langue des livres sacrés, de « la Torah et des Prophètes », régnait toujours sans partage. Or, en hébreu comme en araméen, « bon » n'est pas une notion moins riche de sens qu'en grec : tout ce que Dieu a créé est qualifié de « bon », et le monde qu'Il a créé est « entièrement bon », ou, selon la traduction synodale russe, « très bon ». Et sans doute tout ce que Jésus accomplit est-il « bon » de la même manière, dans ce même sens. Car Il ne soigne pas, Il guérit. Il ne rétablit pas des fonctions corporelles altérées ; Il fait participer ceux qu'Il guérit à cette plénitude de vie où aucun trouble ni aucune anomalie n'ont ni ne peuvent avoir leur place. Il porte avec Lui et en Lui cette plénitude du Royaume qui est incompatible avec la maladie comme avec la mort. Et le monde autour de Lui devient tel qu'il était avant la chute, lorsque le péché et le mal n'y régnaient pas encore. Et quiconque, auprès de Lui, était capable de Lui faire confiance et de participer à ce monde parfait, de participer au Royaume, se retrouvait là où la vie est présente, mais où la maladie et la mort sont absentes. Là où tout est « entièrement bon ». Et la foule qui L'entourait, sans peut-être comprendre pleinement ce qui se passait, ressentait cette qualité nouvelle de la création et exprimait son sentiment par un mot ancien, emprunté à la Torah. Un mot qu'elle employait dans le sens même que lui avait donné l'auteur sacré. Et elle suivait le mystérieux Thaumaturge, sans comprendre pleinement Celui qu'elle suivait.