RÉFLEXIONS pour Ex 10:1-29 — le 23 mars 2023

RÉFLEXIONS pour Ex 10:1-29

La relation de l’être humain avec Dieu possède sa propre logique, et si quelqu’un repousse encore et encore la main que Dieu lui tend, cela ne peut rester sans conséquences. À première vue, une telle situation peut sembler difficile à comprendre : après tout, Dieu pourrait simplement laisser tranquille celui qui ne veut rien avoir à faire avec Lui. Mais qu’en est-il si les circonstances ont placé cet homme, qui ne veut pas connaître Dieu, dans une position où la réalisation du dessein divin dépend de sa décision ? La providence de Dieu se réalise dans un monde d’hommes libres et, dans un monde déchu, l’être humain qui use de sa liberté ne tient pas toujours compte des projets de Dieu. Dieu doit alors agir avec fermeté. L’intransigeance de Pharaon oblige, en un certain sens, Dieu à Se montrer Lui aussi intransigeant à son égard. Le signe ne sera donc plus la reconnaissance par Pharaon de l’autorité de Dieu, mais la réalisation par Dieu de Son projet en dépit de la volonté de Pharaon (v. 1–2). Pharaon lui-même se trouvera face à face non avec l’amour de Dieu, mais avec Sa puissance. Et cette puissance sera telle que son évidente supériorité apparaîtra clairement à tous et à chacun (v. 7). Il faut compter avec une telle puissance. Mais compter avec elle ne signifie pas l’accepter. Même un magicien ou un matérialiste est parfois prêt à reconnaître qu’il existe dans le monde des forces supérieures aux forces humaines, qu’il s’agisse de la puissance de la science ou de celle de la magie. Mais même si ce matérialiste pressent derrière cette force la présence d’une volonté qui dépasse de beaucoup la volonté humaine, il ne la reconnaîtra pas nécessairement comme supérieure à lui-même, car le plus fort n’a pas toujours le droit de dominer le plus faible. La nature, certes, ne fonctionne pas ainsi : selon sa loi, le plus fort a le droit de dominer le plus faible. Mais l’être humain accepte rarement cet état de choses comme une norme, même s’il reconnaît en paroles la nature comme la réalité suprême et ultime. Ainsi, lorsqu’un homme rencontre la puissance de Dieu sans trouver Dieu derrière elle, il tente de négocier avec cette puissance ou avec celui qui, pense-t-il, se tient derrière elle, comme Pharaon tente de négocier avec Moïse (v. 8–11, 24–27). On pourrait croire que c’est précisément le moment d’essayer d’établir un contact avec Pharaon et d’adoucir son cœur. En réalité, un tel marchandage ne suppose ni véritable communion ni même authentique rencontre avec Dieu. Il ne laisse aucune place à la reconnaissance de l’autorité divine ; au contraire, son but est de payer pour se débarrasser du Dieu de Moïse, de faire quelque chose afin qu’Il laisse enfin tranquilles l’Égypte et Pharaon lui-même, et d’y parvenir au moindre coût. Voilà pourquoi Pharaon tient tant à obtenir des garanties du retour de ceux qu’il laisse partir pour la fête. Mais le marchandage n’a pas sa place dans la relation avec Dieu.