RÉFLEXIONS pour Ex 7:26-29
La lecture d'aujourd'hui poursuit le récit de la rivalité entre les magiciens égyptiens et le Dieu de Moïse dans leur capacité à accomplir des miracles. Ici, comme dans tous les autres cas, le miracle de Dieu peut certes s'expliquer par des causes naturelles, mais une telle explication ne diminue en rien, par elle-même, la portée du miracle comme action de Dieu. Ce n'est pas par hasard que, pour désigner un miracle, le texte hébreu de la Bible emploie très souvent un mot qu'il serait plus juste de traduire par « signe » : le miracle de Dieu se révèle très souvent être précisément un tel signe. Le fait qu'un phénomène naturel devienne ce signe n'en diminue nullement la portée, car ce qui importe ici n'est pas la nature, mais Celui qui se tient derrière elle. Pour les magiciens, toutefois, la situation se présentait autrement. Comme vision du monde, la magie est très proche de la science, notamment parce que le magicien, comme le savant matérialiste, tend à expliquer tout ce qui arrive exclusivement par des causes naturelles. Leurs conceptions des limites et des lois de la nature peuvent différer sensiblement, mais ni l'un ni l'autre n'admettra jamais dans ses théories et ses concepts rien qui sorte du cadre naturel. Sur le plan méthodologique, cela est certes juste ; mais comme vision du monde, cela mène souvent à une impasse. L'une des erreurs les plus répandues consiste à croire que l'explication naturelle d'un phénomène exclut par elle-même toute possibilité d'une dimension spirituelle en lui. Ayant réussi à faire sortir les grenouilles du fleuve (v. 7), les magiciens jugèrent apparemment ce fait suffisant pour prouver qu'il ne pouvait être question de miracle. Pourtant, une telle approche constitue une grave erreur : elle confond manifestement le spirituel et le naturel. La nature demeure toujours dans le cadre des causes et des effets ; les chaînes de causes et d'effets déterminent et décrivent entièrement tous les processus naturels. Le spirituel commence là où les causes et les effets passent à l'arrière-plan, tandis que les tâches et les finalités viennent au premier plan. La vie spirituelle commence là où existent des relations, avant tout la relation entre l'être humain et Dieu, mais aussi les relations entre les hommes. Le miracle ne devient miracle que dans le contexte de la relation entre l'être humain et Dieu ; autrement, il reste un simple phénomène naturel. Même lorsqu'une expérience ne peut être reproduite, comme dans le cas des moustiques (v. 18), cette impossibilité ne prouve pas par elle-même le miracle : pour le matérialiste ou le magicien, elle témoigne seulement de l'existence d'un problème scientifique aujourd'hui insoluble ou d'un phénomène inexplicable au stade actuel du développement de la science. Pharaon est même prêt à demander l'aide de Moïse lorsque les autres moyens échouent (v. 28), mais son cœur ne s'en adoucit pas (v. 32), car une relation avec Dieu ne s'établit pas sous la contrainte.
