RÉFLEXIONS pour Ex 7:1-25 — le 20 mars 2023

RÉFLEXIONS pour Исх 7:1-25

La lecture du passage d'aujourd'hui soulève naturellement une question : pourquoi Dieu « endurcit-Il » le cœur de Pharaon (v. 3) ? Bien sûr, « endurcir » ne signifie pas ici « rendre cruel », mais « rendre ferme », c'est-à-dire inflexible. Pourtant, même ainsi comprise, cette intransigeance crée des difficultés tant aux Juifs qu'aux Égyptiens, y compris à Pharaon lui-même. Or tout est possible à Dieu ; pourquoi, dans ce cas, ne pouvait-Il pas attendrir le cœur de Pharaon ? Il faut chercher la réponse dans le récit des plaies d'Égypte. Dans l'épisode d'aujourd'hui, ce qui frappe particulièrement, c'est l'influence exercée sur Pharaon par les magiciens égyptiens qui, grâce à leurs enchantements, réussirent à faire, en apparence, la même chose que le Dieu de Moïse (v. 11–13, 22). On voit manifestement ici l'incapacité de la raison humaine, corrompue par la Chute, à pénétrer au fond des phénomènes et à discerner leurs causes spirituelles premières. La pensée rationnelle et la logique ne voient que la surface des choses. La science peut dire beaucoup sur la structure de l'univers et de ses différents éléments, mais elle ne sait rien du but ni des causes premières ; ce n'est pas à elle qu'il faut adresser les questions « pourquoi ? » et « quel en est le sens ? ». Seul celui qui a créé les choses, Dieu ou un être humain, en connaît le sens. Lui seul connaît aussi les véritables raisons de ce qui leur arrive. La pensée rationnelle, la logique et la science n'étudient que les conséquences de ces causes véritables et originelles. Pharaon, comme tout être humain, se trouva prisonnier de sa raison limitée. Il ne vit qu'une chose : des bâtons changés en serpents (v. 10–11), et de l'eau changée en sang (v. 20–22). Il ne s'agit même pas du fait que, dans le cas de l'eau devenue sang, les causes étaient réellement tout à fait différentes : l'action des magiciens égyptiens relevait d'un tour de magie ordinaire, tandis que l'action de Dieu peut être considérée comme un signe donné par Dieu au moyen d'un phénomène naturel. Il s'agit du fait que l'action de Dieu entrait naturellement dans Son dessein et faisait donc partie de Sa providence, tandis que les actions des magiciens ne dépassaient pas les possibilités humaines ordinaires et naturelles, même si leurs capacités excédaient peut-être quelque peu celles d'une personne moyenne. Mais même lorsque l'action de Dieu ressemble beaucoup à une œuvre humaine, celui à qui le signe est donné reçoit aussi un indice qui, pourvu qu'il y prête attention, peut devenir la clé permettant de comprendre la situation. Il en fut ainsi des bâtons changés en serpents, lorsque le serpent issu du bâton de Moïse engloutit les serpents issus des bâtons des magiciens égyptiens (v. 12). Mais Dieu ne S'impose pas : ce n'est qu'un indice que l'on peut ne pas remarquer si le cœur s'obstine. L'être humain est libre, et Dieu ne le prive pas de la liberté qu'Il lui a Lui-même donnée. Il donne des signes et les indique à celui qui veut voir. Mais Il ne contraint personne à quoi que ce soit.