RÉFLEXIONS pour Dn 9:4-10
La prière de Daniel rapportée dans le livre est un exemple typique de prière de repentir. Elle exprime avant tout l'essentiel, sans quoi il n'y a pas de repentir : la crainte de Dieu. Non la peur du châtiment que l'on pourrait recevoir de Dieu pour avoir transgressé Ses commandements, mais la conscience d'avoir fait quelque chose qui pourrait détruire notre relation avec Lui, la détruire une fois pour toutes. C'est là, au fond, que commence tout repentir.
Tant que l'homme est convaincu que rien de catastrophique ne s'est produit, qu'il ne s'agit que d'un petit malentendu facile à réparer par ses propres forces, il n'y a pas encore de véritable repentir. Il n'y a que la conscience de certaines erreurs que l'on peut pourtant corriger aisément sans se tourner vers Dieu. Or, sans se tourner vers Dieu, on ne peut rien corriger dans la vie spirituelle. Non parce qu'après la chute l'homme serait devenu absolument impuissant.
Certes, après la chute, l'homme n'est plus celui qu'il était, mais il peut tout de même encore faire certaines choses. La question est ailleurs : dans sa relation avec Dieu. Ce qui rend le péché terrible, ce n'est pas qu'il soit immoral et déplaise à Dieu. Bien des choses en nous Lui déplaisent, mais Il ne nous abandonne pas pour autant. Le péché est terrible parce qu'il dresse un mur entre l'homme et Dieu, nous séparant de Lui.
Seul un mouvement et un effort conjoints de Dieu et de l'homme l'un vers l'autre peuvent abattre ce mur. Conjoints, précisément : sinon, rien n'aboutira. Car l'homme est libre, et l'absence d'effort de sa part ne peut signifier qu'une chose : Dieu lui est indifférent, la situation présente lui convient parfaitement, il n'a pas l'intention d'abattre le mur qui le sépare de Dieu. Dans ce cas, Dieu ne l'abattra pas non plus. Il n'imposera à l'homme ni Sa présence ni la communion avec Lui.
Et voici un deuxième point très important : l'espérance en la miséricorde de Dieu. Cette miséricorde inséparable de l'amour, qui se manifeste dans la disposition de Dieu à faire bien davantage que ce que le pécheur mérite et que ce à quoi il a droit. Ce n'est qu'à cette condition que l'homme peut compter sur quelque chose. Espérer en ses mérites et revendiquer ses droits devant Dieu est une impasse spirituelle. Et ce n'est même pas parce que Dieu a, en tout état de cause, plus de mérites, mais parce qu'une telle attitude limite Ses possibilités.
L'homme est libre, et s'il n'accepte de recevoir de Dieu que ce qu'il a mérité ou ce à quoi il a droit, il recevra exactement ce qu'il demande. Il n'aura alors plus rien à incriminer, sinon sa propre présomption. C'est pourquoi le repentir est aussi une confiance entière en Dieu, malgré notre propre état de pécheur. Et la disposition à recevoir de Lui un don que rien ne nous a fait mériter : la libération du pouvoir du péché, auquel on s'est soumis par sa propre sottise et sa légèreté, voire tout à fait consciemment. Et non seulement ce don, mais un don plus grand encore : la plénitude de la vie du Royaume, sans laquelle il n'y a pas de salut.
