RÉFLEXIONS pour Mc 12:35-44
Le plus grand et dernier obstacle pour les pharisiens était la simplicité des origines de Jésus. Comment Le reconnaître comme Christ, c’est-à-dire comme Messie ? Car tout le monde sait que le Messie est descendant de David, donc de lignée royale. Or les pharisiens ne voyaient devant eux que le fils du charpentier. Jésus met au second plan la question de l’origine humaine du Messie : l’essentiel n’est pas tant Son appartenance à la maison royale que le fait qu’Il demeure à la droite du Père et qu’Il est le Fils de Dieu, le Seigneur du monde. Les paroles suivantes sont un avertissement contre la piété hypocrite, lorsque l’extérieur ne correspond pas à l’intérieur. Cependant, le Christ ne condamne pas l’extérieur en lui-même (cf.Mt 23:2-3). Le principal danger apparaît lorsque l’extérieur devient seulement ostentatoire. Après ce que le Christ a dit des scribes, nous pouvons mesurer la signification de l’obole de la veuve. N’était-elle pas l’une de ces veuves que dépouillaient les scribes adonnés à de longues prières hypocrites ? D’un autre côté, le Christ venait, en répondant à la question d’un scribe, d’exprimer l’essence de la Loi dans le double commandement de l’amour. Le scribe qui L’interrogeait fut d’accord avec Lui et, pour confirmer cet accord, cita lui aussi la Loi. Et pourtant, l’amour de Dieu, inséparable de l’amour du prochain, ne fut pas manifesté par le scribe, mais par une pauvre veuve : si l’on tient compte du fait que le minimum vital équivalait alors à un denier, et qu’un quadrant valait un soixante-quatrième de denier, il apparaît que la veuve n’avait presque rien pour subsister ; et ce rien, sa dernière petite parcelle, elle l’a donné au Temple, l’a offert en sacrifice à Dieu. Dans cet épisode se révèle devant nous toute la portée des petites œuvres, qui ne se mesurent pas par des calculs extérieurs, mais par le degré de don de soi à Dieu dans la foi et l’amour pour Lui.
