RÉFLEXIONS pour Jr 28:1-17
Le prophète ne se hâte pas de réfuter le discours d’Ananie, qui contredit tout ce qu’il a entendu du Seigneur. Jérémie lui-même se réjouirait si les paroles d’Ananie s’accomplissaient ; nous entendons même son exclamation priante, souhaitant que le Seigneur réalise effectivement toutes choses de cette manière. Mais quels que soient les désirs de Jérémie, il ne perd pas sa lucidité et, certainement le cœur douloureux, il continue à proclamer l’amère vérité.
Lorsque les difficultés nous assaillent, nous pouvons céder à la tentation de nous détourner de la réalité tragique et de nous forcer — bien que, dans de tels cas, il ne soit généralement pas nécessaire de se forcer — à croire à des illusions qui cachent ce que nous préférerions ne pas voir. Les faux prophètes semblables à Ananie deviennent alors recherchés par une « opinion publique » lasse des informations négatives qui l’assaillent de toutes parts. On cesse aussi d’écouter les avertissements face au danger parce qu’une autre catégorie de faux prophètes est toujours active : ceux qui aiment effrayer les gens avec des histoires terrifiantes qui ne se réaliseront jamais. On les croit pourtant plus souvent que les avertissements concernant des dangers réels.
Mais en tout temps le Seigneur nous appelle à la capacité lucide de distinguer l’authentique de l’imaginaire. Et à la fidélité sans laquelle il est impossible de tenir ferme.
