RÉFLEXIONS pour Is 42:6-7 — le 22 janvier 2023

RÉFLEXIONS pour Is 42:6-7

Vers la fin de l'époque de la captivité Babylonienne, quand fut écrite la deuxième partie du livre d’Isaïe, les idées sur le peuple de Dieu dans le peuple juif sous l'influence du sermon prophétique ont un peu changé en comparaison de ce qu’elles étaient avant la captivité. Avant la captivité, dans la Judée, qui était, en général, un pays relativement calme et provincial, les Juifs eux-mêmes réfléchissaient peu à leur rôle dans l'histoire universelle, et autour, personne ne leur posait de telles questions.

En Babylone tout était autrement: ici pour garder la foi des pères (et sinon devant la communauté juive se profilait la menace tout à fait réelle de l'assimilation), il fallait répondre à soi-même, et aux autres (et dans les conditions de la métropole, dans laquelle se trouvait alors la Babylone, ces autres étaient beaucoup autour) à la question qu’est-ce que le peuple de Dieu, pourquoi est-il nécessaire à l'humanité et que signifie appartenir à ce peuple. Et alors à travers le prophète, portant comme son grand prédécesseur de Jérusalem, le nom d'Isaïe, fut ouvert au peuple qu'il existe non pas pour lui-même. Sa tâche c’est de révéler à la gentilité son Dieu, le Dieu, Qui lui était aussi autrefois révélé, et de sanctifier le monde, qui a tant besoin de cette sanctification, bien que ne se rendant pas compte de son besoin. Bien sûr, on pouvait tirer des mots du prophète de différentes conclusions à propos de la manière dont doit être sanctifié le monde et de ce qu'il faut faire pour cela.

Il semblait d’ailleurs pour beaucoup, par exemple que l'on ne peut être sanctifié qu’en s’associant au peuple juif et devenant une partie de celui-ci. D’autres pensaient qu'il n’était pas obligatoire de s’associer au peuple cherchant le Dieu d'Israël, qu'il leur suffit juste d’observer certains des commandements donnés par Dieu et soutenir la Synagogue.

Tout cela a engendré déjà après la captivité quelques vagues de la mission juive qui ont apporté leurs fruits. Mais il n’est venu à la tête de personne avant l'arrivée du Christ ce, sur quoi a tant parlé et écrit Paul: entrer dans le Royaume et se sanctifier est possible sans aucune religion, la religion n’a pas de lien direct avec la vie du Royaume, tout comme elle n'a pas de lien direct avec le salut. Pour comprendre cela, il faut une nouvelle révélation, dont il n’est pas toujours facile de percevoir. Pas seulement par la synagogue, mais aussi par l'Église.