RÉFLEXIONS pour Rev 19:7-8
Le Christ et l'Église comme époux et épouse : image bien connue des premières générations de chrétiens, tout comme de nous aujourd'hui. C'est précisément ces noces que voit Jean. Et la blancheur, la pureté de l'Église, c'est la justice des saints dont elle est composée. Il faut remarquer que, dans le christianisme médiéval, la notion de sainteté a quelque peu changé par rapport à l'origine.
À cette époque, on a commencé à appeler saints ceux qu'il serait plus juste, dans le langage de la Bible, d'appeler justes. Or la sainteté dans la Bible est autre chose. La sainteté est le simple fait qu'un homme soit sanctifié par la présence de Dieu, comme était sanctifié, par exemple, quiconque venait aux autels yahwistes encore aux temps préchrétiens, pourvu qu'il fût pur et ne portât pas sur lui les conséquences de péchés commis. Il n'y a pas ici de mérite humain : la sanctification est entièrement l'œuvre de Dieu.
Et les chrétiens des premières générations comprenaient parfaitement que la vie chrétienne suppose la sanctification, sans quoi elle est tout simplement impensable ; c'est pourquoi les chrétiens, alors, s'appelaient souvent saints précisément en ce sens. Ce n'est que plus tard, lorsque l'Église est devenue massive et que le christianisme est devenu nominal pour beaucoup, qu'est venue la compréhension, tout à fait réaliste, que tous ceux qui se considèrent chrétiens ne mènent pas la vie de personnes sanctifiées. C'est alors qu'est apparue l'idée de certaines personnes particulières, justes, qui mènent une vie chrétienne particulière, en réalité simplement normale.
Il est montré à l'apôtre qu'une telle vie sanctifiée est la condition nécessaire pour demeurer dans l'Église et entrer dans le Royaume ; sans elle, ceux qui se considèrent chrétiens n'ont rien à espérer. Mais la justice aussi est importante, car c'est précisément elle qui permet à l'homme de conserver la sanctification qu'il reçoit de Dieu dans la présence de Dieu. Sinon ce qui a été reçu sera aussitôt perdu, et l'homme retombera vite dans son ancien état, revenant à son ancienne vie qui ne suppose aucune sanctification. Ainsi se complètent sainteté et justice, donnant au chrétien la possibilité de vivre dans l'Église et d'entrer dans le Royaume.
