RÉFLEXIONS pour He 13:17 — le 22 décembre 2022

RÉFLEXIONS pour He 13:17

L'apôtre demande à ses lecteurs d'obéir à leurs responsables, et cela de telle sorte que ces responsables n'aient pas à gémir en portant leur ministère. L'auteur de la lettre rappelle à ses lecteurs que leurs guides spirituels portent devant Dieu la responsabilité d'eux, et que si leur ministère s'accompagne non de joie, mais de tristesse, les destinataires de la lettre ne retireront aucun bénéfice de ce ministère.

En parlant de guides ou de responsables, il a en vue soit les maîtres, soit les presbytres qui dirigeaient l'Église, soit les uns et les autres à la fois. À cette époque, les presbytres portaient la responsabilité de l'Église dans son ensemble, tandis que les maîtres exerçaient leur ministère dans des communautés ecclésiales concrètes, expliquant et montrant par leur exemple ce qu'est le chemin chrétien, le chemin de la formation de l'homme en Christ comme Torah vivante.

Les nombreuses nouvelles théories eschatologiques et conceptions christologiques qui devenaient alors à la mode, et que l'auteur de la lettre critique assez sévèrement, détournaient justement les chrétiens du Christ et du chemin de la Torah intérieure, déplaçant leur attention vers autre chose, généralement assez abstrait. Non seulement l'auteur de la lettre, mais tout maître qui n'avait pas perdu la sobriété spirituelle devait s'opposer à ces enseignements nouveaux. Mais personne, bien sûr, ne pouvait garantir que, malgré une obéissance extérieure et un accord avec les maîtres et les presbytres de l'Église, des membres isolés de l'Église ou des communautés entières en son sein renonceraient réellement à leurs opinions.

Il s'agit en effet de la vie intérieure de l'homme, et l'Église avec une majuscule a toujours été étrangère à l'imposition de quoi que ce soit à ses membres, qu'il s'agisse d'opinions ou de mode de vie. L'unique exigence consistait à observer les commandements, et encore n'exigeait-on que leur observation au tout premier niveau, extérieur. Le chemin de la Torah intérieure, comme tout ce qui concerne la vie spirituelle ou intellectuelle, n'était soumis à aucun contrôle et demeurait affaire de conscience pour chacun. Ici, on ne pouvait qu'appeler, instruire, entraîner par son exemple.

Mais une vie spirituelle quelque peu normale n'était alors possible, bien entendu, que dans une entière sincérité et confiance. Si quelqu'un voulait, par exemple, cacher ses opinions ou sa vie spirituelle au maître de sa communauté ecclésiale, il ne lui en coûtait rien de le faire ; mais il aurait alors été plus honnête de partir tout simplement : car celui qui cache ainsi les choses ne pouvait tirer aucun bénéfice spirituel de sa présence dans la communauté ni de ses échanges avec le maître.

Bien plus : en trompant le maître de sa communauté ecclésiale, il le mettait lui aussi en difficulté ; car le maître savait qu'il répondait devant Dieu de chacun de ceux qui s'adressaient à lui pour de l'aide et des conseils, et il cherchait à aider en partant du principe que celui qui s'adressait à lui lui faisait confiance et suivrait ses conseils. Or il apparaissait ici que celui qui s'adressait à lui n'avait pas l'intention de suivre ce qu'on lui disait, faisant seulement semblant d'écouter les paroles de son guide. Dans un tel cas, aucun accompagnement normal n'est possible, et le guide, apprenant une telle situation, aura réellement non de la joie, mais de la tristesse.