RÉFLEXIONS. La Bible en cinq ans.

RÉFLEXIONS pour Is 20:1-21:17

Que la nudité du prophète ait été le signe de la défaite militaire prochaine de l’Égypte et de l’Éthiopie, on peut le comprendre. Il ne peut y avoir d’espérance en de tels alliés : la force de leurs armes n’est pas soutenue par la force du Seigneur et ne résistera donc pas aux ennemis. Mais pourquoi le prophète a-t-il eu besoin d’appuyer ses avertissements d’une manière aussi extravagante ? Sa prédication verbale ne lui suffisait-elle donc pas ?

Sans doute ne suffisait-elle pas, car la réaction à ce qui est entendu ne correspond trop souvent pas à l’importance de ce qui est entendu. Après tout, que de gens disent bien des choses. Et d’ailleurs, d’où le sait-il ? Ce n’est pas un spécialiste ; d’où sort donc ce donneur de leçons ? Mais voici que nous avons devant nous non pas seulement un orateur, mais un homme qui met en jeu sa propre réputation et qui est prêt à adopter le comportement le plus extravagant, pourvu qu’il appuie de façon imagée et émotionnelle ce qu’il a dit et qu’il ouvre une brèche dans l’indifférence de ceux qui écoutent.

En dévoilant ses visions à ses auditeurs, le prophète nous donne la possibilité de toucher un peu à la manière dont il voit le monde qui l’entoure. Devant nous apparaissent les images de peuples lointains appelés à jouer un rôle dans l’histoire d’Israël, et ces peuples s’approchent de plus en plus. Le prophète ne nous cache pas qu’il a peur, car il est un homme ordinaire, non dépourvu de faiblesses. Mais il surmonte ses faiblesses et continue de scruter ce que le Seigneur lui révèle. Si difficile que ce soit pour lui, il continue courageusement d’annoncer au peuple ce qu’il voit.