RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Ap 22:17

Cet appel avait déjà retenti dans l'Évangile : que celui qui a soif vienne et boive gratuitement l'eau de la vie. Désormais chacun peut participer au Royaume, non par ses mérites, non après avoir gagné le droit à une telle participation, mais simplement parce qu'il désire cette participation et la cherche. Mais ensuite retentira aussi l'avertissement que « le temps est proche ». Cela peut paraître étrange si l'on se rappelle que le livre a été écrit il y a presque deux mille ans et que la fin de l'histoire n'est toujours pas arrivée. Toutefois, la proximité signifie ici, très probablement, non la chronologie, mais la logique interne du processus. Le terme est réellement proche en ce sens que l'histoire comme telle, l'histoire déterminée par ses propres lois purement historiques, est effectivement terminée.

Ce qui nous paraît être la continuation de l'ancien processus historique est en réalité déjà une méta-histoire, déterminée par la dynamique de l'entrée du Royaume dans le monde. Bien sûr, la projection de cette dynamique sur notre temps est imprévisible quant aux délais, qui peuvent se déplacer dans n'importe quel sens ; c'est pourquoi le Sauveur dit que seul le Père connaît le jour et l'heure de Son retour dans la gloire et de la fin des temps.

Il ne s'agit pas du fait que le Père cacherait spécialement quelque chose, encore moins au Fils, mais du fait que selon notre temps, selon le temps du monde déchu, il n'y a réellement aucune certitude sur les délais, qui peuvent changer. Mais il n'y a plus rien qui doive encore se produire pour que le retour du Sauveur devienne possible. À proprement parler, toute l'histoire actuelle est la ligne droite finale et la préparation immédiate à Son retour ; c'est pourquoi l'on peut parler de la proximité des délais.

Cela n'annule pourtant pas les processus de détermination spirituelle personnelle des individus, et parfois de communautés entières, qui se déroulent dans le monde déchu. C'est précisément en ce sens qu'il est question des justes qui se sanctifient encore, et des injustes qui continuent à commettre leurs actes injustes. L'époque du Royaume qui vient est l'époque du choix spirituel immédiat, que l'on peut déjà faire maintenant pour toute l'éternité.

Mais on peut bien sûr aussi le remettre jusqu'à la toute fin, jusqu'au dernier jour, jusqu'au moment où il ne sera plus possible de se dérober et où il faudra tout de même choisir ; car alors le refus de choisir deviendra en lui-même un choix, et nullement le choix du Royaume. C'est pourquoi l'ange ordonne à Jean de ne pas cacher le contenu du livre, de ne pas le sceller : chacun doit connaître la situation spirituelle actuelle, le sens spirituel de notre époque et son achèvement. Non par curiosité, mais parce qu'il s'agit ici du salut, du Royaume et du « lac de feu », de la vie et de la mort.