RÉFLEXIONS pour Ac 25:18-19
Les représentants du pouvoir romain, comme tous les païens de l'Empire romain qui n'avaient aucun lien avec la Synagogue et ne s'intéressaient pas spécialement au judaïsme, avaient une idée très vague des choses si importantes pour le monde juif. Tous étaient des gens séculiers et comprenaient peu, ou pas du tout, les subtilités de la religion juive.
La seule chose qui attira l'attention générale fut l'intrigue autour de Jésus Lui-même: on L'avait exécuté, et voilà que surgit un homme affirmant L'avoir vu vivant, et il n'était pas le seul, apparemment. Commencer une prédication dans un tel contexte d'affaire criminelle et aventureuse n'était pas simple: la prédication du Royaume commençait par une histoire presque policière, du moins dans la perception des auditeurs. Mais c'était tout de même une possibilité de témoignage, et Paul ne la perd pas. On lui propose de parler, et il témoigne. C'est l'une des caractéristiques de tout serviteur de Dieu, et spécialement de l'apôtre: il est toujours occupé d'une seule chose.
Tout le reste, les lieux différents, les tribunes différentes, les situations différentes permettant de s'exprimer, ne sont que des formes pour l'affaire principale. Même devant le tribunal, Paul parle d'une seule chose: du Royaume. Tout le reste n'a pas de sens pour lui. Il semblerait qu'un tel homme doive inévitablement se transformer en fanatique d'une seule idée ou d'une seule pensée, obsédé par elle. Et cela arrive réellement lorsque le service devient pour l'homme une fonction, quelque chose dont il s'occupe, quelque chose qu'il fait.
Le service devenu activité est un grave danger spirituel pour chacun. Seul peut éviter ce danger celui qui, comme Paul et beaucoup d'autres véritables serviteurs, vit de ce qu'il fait. Pour un tel serviteur, son service n'est ni activité ni travail, même si les signes extérieurs peuvent rappeler l'un et l'autre, mais le mode même de sa propre existence. Comme dirait un philosophe, un mode anthropologique de l'être.
Plus simplement, l'homme fait ceci ou cela non parce qu'il doit, parce qu'il y est obligé, parce qu'il a promis quelque chose à Dieu ou aux hommes, mais parce qu'il n'a pas d'autre manière d'exister dans ce monde. Alors la force de conviction demeure, et le fanatisme n'apparaît pas: il naît d'ordinaire précisément de la rupture entre l'activité extérieure, le fonctionnement, et cette Vie profonde qui seule mérite d'être écrite avec une majuscule. Celle où sont Dieu et le Royaume. Or Paul a toujours vécu ainsi; et lorsqu'il ne vivait pas ainsi, il tendait vers une telle vie. C'est pourquoi il est devenu serviteur de Dieu et véritable témoin du Royaume.
