RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Ap 7:13-14

On interprète d'ordinaire ces paroles comme l'indication de la mort martyre des personnes mentionnées dans le livre. Mais les paroles de l'apôtre peuvent aussi se comprendre plus largement: on peut appeler lavés dans le sang du Christ tous les chrétiens en général, pourvu qu'ils aient parcouru leur chemin jusqu'au bout, en se libérant finalement du pouvoir du mal et du péché qui pèse sur le monde déchu. Les vêtements blancs de ces personnes rappellent évidemment les vêtements blancs du Sauveur Lui-même, dans lesquels Il apparaît à Jean dans la vision, et auparavant encore aux apôtres sur la montagne de la Transfiguration. Les hommes en vêtements blancs sont des hommes devenus semblables au Christ, devenus tels qu'Il est, vivant la même plénitude de vie du Royaume que Lui porte, chacun, bien sûr, selon sa mesure.

Maintenant, enfin, ils verront ce qu'ils ont désiré toute leur vie: le triomphe du Royaume dans toute sa plénitude, la transfiguration définitive du monde et sa délivrance de tout pouvoir du mal. À proprement parler, l'ouverture du septième sceau marque justement le commencement de cette transfiguration définitive de l'univers. Pour le monde, la transfiguration est inséparable de secousses et de cataclysmes à l'échelle cosmique, non parce que Dieu voudrait punir sérieusement et définitivement Sa création, mais parce que le mal dans lequel gît le monde déchu ne la lâchera pas si simplement.

Le lien entre la transfiguration du monde et les cataclysmes à venir est montré à l'apôtre avec une entière clarté. Il voit que les prières des saints, montant devant le Trône de gloire comme un encens parfumé, deviennent pour le monde un feu sacrificiel qui provoque catastrophes et désastres. Ce qui est sanctification pour Dieu et pour les hommes de Dieu devient, pour le monde qui gît dans le mal, ruine et destruction. Bien sûr, Dieu n'en est pas responsable: il s'agit seulement de cette incompatibilité du mal et de la présence de Dieu, du péché et de la sanctification, qui était déjà bien connue avant la venue du Christ. Dès cette époque, les croyants yahvistes savaient qu'une telle combinaison ne pouvait mener qu'à la profanation, et la profanation à la destruction et à la mort.

Quelque chose de semblable se produit maintenant à l'échelle de l'univers: le Royaume se révèle enfin au monde dans toute sa plénitude, le sanctifiant, et le monde, qui ne s'est pas entièrement purifié du péché dans lequel il demeure, profane le sanctuaire qu'est le Royaume et se détruit, périt dans son ancienne qualité. Bien sûr, Dieu n'a pas conçu ni voulu cette mort; Il veut que le monde soit transfiguré sans catastrophes ni cataclysmes. Mais pour le monde, une telle transfiguration paisible et organique s'avère impossible parce qu'au moment de l'achèvement de l'histoire il ne s'est pas entièrement purifié.

Et, à en juger par le fait que Dieu met un point final avant sa purification complète, il faut penser que, malheureusement, pour le monde déchu, la purification complète est impossible en général; autrement Dieu aurait tout fait pour que cette possibilité se réalise. Il ne veut pas que le monde pécheur périsse; Il veut que le monde soit sauvé et devienne Son Royaume. Mais la liberté donnée par Dieu à l'homme, et donc en partie au monde, a son revers, qui conduit au tragique de la fin de l'histoire, si vivement décrit par Jean.