RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Rm 10:14-15

Il est impossible de croire quelqu'un si l'on ne vous parle pas de cette personne. Il en va ainsi avec le Christ: on ne croira pas en Lui et on ne Lui fera pas confiance tant qu'on ne L'aura pas rencontré. Et le sens principal du témoignage chrétien consiste précisément à donner à chacun la possibilité de Le rencontrer.

Bien sûr, la rencontre en elle-même ne signifie pas encore que des relations de confiance naîtront. À vrai dire, la rencontre en elle-même n'oblige encore à aucune relation: combien de personnes devons-nous rencontrer? Toutes ne deviennent pas ensuite nos amies. Mais beaucoup dépend de la manière dont la rencontre a eu lieu. Et de la manière dont s'est déroulée la communication. On peut communiquer de manières différentes. Sérieusement, ou superficiellement. Et si l'homme ne veut pas de relations véritables et profondes, elles n'existeront pas, même après une très longue fréquentation.

On peut connaître quelqu'un pendant des années et ne pas du tout le connaître. Avec Dieu, il en va de même: on peut Le connaître, et ne pas Le connaître. La confiance vient de ce qu'on a entendu, et l'écoute vient de la parole du Christ. Ou de la parole sur le Christ: l'expression employée par l'apôtre peut se comprendre aussi ainsi. D'ailleurs, l'une n'est pas si éloignée de l'autre. Car derrière la parole sur le Christ, si on l'entend et si l'on fait confiance à celui qui la prononce, résonnera ensuite nécessairement la parole du Christ Lui-même. À condition, bien sûr, d'entendre. Et c'est là que surgissent les problèmes.

Il arrive que l'homme ne veuille pas entendre. Parce qu'il est parfois plus simple de faire comme si l'on n'avait pas entendu. Une sorte de surdité sélective, parfois très utile aux hommes rusés. Mais il ne s'agit pas toujours d'une ruse consciente. Parfois l'homme active ce mécanisme de filtrage psychique sans s'en rendre compte. Par exemple lorsqu'il sent que, s'il prend au sérieux ce qu'il a entendu, il devra changer sa vie, et la changer radicalement. Or il n'en a pas envie, et il a peur.

C'est alors que s'activent les mécanismes de défense, ces filtres mêmes auxquels l'homme ne pense pas et dont il ne sait peut-être rien précisément parce qu'ils fonctionnent automatiquement. Mais c'est tout de même l'homme lui-même qui, au départ, met en marche cet automatisme, par sa peur ou par sa paresse. C'est pourquoi Paul parle ici de la responsabilité de l'homme: en fin de compte, c'est la position de l'homme qui détermine si les mécanismes séparant solidement leur possesseur de Dieu, du Christ et du Royaume se mettront à fonctionner dans son âme ou non.