RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Ga 2:3-5

Toutes les premières communautés ecclésiales comprenaient à la fois des Juifs convertis au Christ et d'anciens païens récemment convertis. Et pour les Juifs, comme auparavant, il était difficile de s'asseoir à la même table et de rompre le pain avec des incirconcis. On peut penser qu'il ne s'agissait pas toujours ici de religiosité au sens pur. Il est tout à fait possible qu'en principe, théoriquement, beaucoup de ces Juifs qui insistaient sur la circoncision étaient prêts à reconnaître que la circoncision, en elle-même, n'est pas fondamentale pour un chrétien.

Mais seulement de manière générale, en principe. Quand il s'agissait de la vie ecclésiale concrète, les mêmes personnes pouvaient tout à fait insister pour que tous soient circoncis, simplement par coutume, pour la paix de la communauté, afin de ne pas troubler les Juifs nouvellement convertis. À première vue, il n'y a là rien de terrible. En fait, ce serait bien le cas si, finalement, les circoncis ne s'étaient pas mis à insister sur la signification spirituelle de la circoncision comme telle. Et cela, l'apôtre ne pouvait déjà plus l'accepter.

De façon générale, Paul n'exigeait de personne aucune religiosité, pas plus qu'il n'insistait pour qu'elle soit obligatoirement absente. Lui-même était et demeurait toujours Juif, mais il comprenait parfaitement que la religiosité en elle-même n'aide ni n'empêche dans la vie chrétienne. À condition, bien sûr, qu'elle ne devienne pas une fin en soi, ou qu'on ne lui attribue pas une signification spirituelle qu'elle n'a pas en réalité. Or, dans l'Église de Galatie, à en juger par les paroles de Paul, c'est précisément ce qui s'est produit.

On s'est mis là, manifestement sous l'influence d'enseignants juifs locaux, à regarder la circoncision comme quelque chose d'obligatoire non seulement pour les Juifs, mais aussi pour les anciens païens qui avaient reçu le Christ. La circoncision commence à être réinterprétée comme un rite proprement chrétien et donc obligatoire pour les chrétiens ; l'opinion se répand que les incirconcis ne seront pas sauvés et n'entreront pas dans le Royaume. L'apôtre ne pouvait naturellement pas ne pas intervenir, non parce qu'il était un adversaire de principe de la circoncision, ce qu'il serait difficile d'attendre d'un Juif qui n'avait nullement l'intention de renoncer à sa judéité, mais parce qu'il considérait toute condition religieuse imposée à la vie spirituelle du chrétien comme une déformation ou une diminution de celle-ci.