RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour 2Co 3:2-3

En parlant ainsi, Paul se souvenait sans aucun doute des paroles du prophète Jérémie, qui affirmait que la nouvelle alliance messianique ne deviendrait possible que lorsque la Torah serait non seulement gravée dans la pierre, mais aussi écrite dans le cœur de chacun. En parlant de la « lettre du Christ », l'apôtre vise avant tout cette Torah intérieure. Aux temps évangéliques, on parlait beaucoup et souvent de la Torah intérieure ; le chemin de la Torah intérieure était, dans la conscience du Juif croyant de cette époque, inséparable des représentations de la justice. L'idéal de la justice, idéal inaccessible, était l'homme devenu Torah vivante, un homme dont la vie serait déterminée seulement par la Torah intérieure et par rien d'autre.

Et cet idéal était inaccessible parce qu'il était impossible à l'homme déchu, dont la nature avait été blessée par la chute, de devenir Torah vivante : pour cela, il fallait devenir sans péché, surmonter entièrement en soi les conséquences de la chute. La lettre de la Torah indiquait à l'homme un chemin que l'homme déchu ne pouvait pas parcourir. Il ne pouvait que mourir sur ce chemin, en étant libéré, à l'instant de la mort, du pouvoir du péché ; mais rester vivant et devenir Torah vivante était irréalisable pour l'homme déchu. La Torah gravée dans la pierre était un témoignage contre l'homme, et le service qui lui était rendu était un service de condamnation.

Plus l'homme tendait vers l'idéal, vers le fait que la Torah intérieure détermine toute sa vie, vers le fait de devenir Torah vivante, plus il se convainquait que le but était inaccessible. Plus le but semblait proche, plus solide devenait la barrière du péché qui en séparait celui qui avançait. Finalement, le but se trouvait tout près, et pourtant absolument inaccessible.

Seul le souffle de Dieu, le souffle du Royaume entré dans le monde par le Christ, pouvait changer radicalement la situation. La venue du Christ a rendu possible ce qui était impossible auparavant : la Torah vivante a cessé d'être l'idéal inaccessible du juste pour devenir le but bien réel de son chemin. Bien plus : sans cela, il était impossible d'entrer dans le Royaume. Car là, dans le Royaume, il ne pouvait y avoir aucune place pour le péché par définition.

Il fallait donc que soit libre du péché non seulement Celui qui a apporté le Royaume dans le monde, mais aussi chacun de ceux qui voulaient devenir ses habitants. C'est pourquoi les premiers chrétiens regardaient le Christ comme la Torah vivante, tendant eux-mêmes, avec Son aide, vers le même but. En ce sens, tout chrétien était réellement une « lettre du Christ » : seul Celui qui manifeste Lui-même la Torah vivante peut faire devenir Torah vivante celui qui s'est confié à Lui et L'a suivi. Ainsi la « lettre du Christ », écrite dans le cœur des fidèles, devient pour eux le laissez-passer vers le Royaume et le chemin du salut.