RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour 2Co 5:20-21

Pour Paul, il est évident que le Royaume et le fait d'y demeurer sont inséparables des relations qui unissent au Christ chacun de Ses disciples ; mais ces relations elles-mêmes ne sont possibles que lorsque l'homme demeure, dans le Christ, jusqu'au bout et totalement pauvre, au sens spirituel du mot dans lequel le prophète Isaïe de Jérusalem parlait déjà de pauvreté.

Et en ce sens du mot, la pauvreté menée jusqu'au bout n'est rien d'autre que devenir rien, jusqu'à la mort physique si elle est nécessaire pour le témoignage. Pour le Messie, cela va jusqu'à une immersion complète, sans réserves ni conditions, dans cette vie pécheresse du monde déchu, dans la profondeur de laquelle Il devait apporter la plénitude du Royaume qui était contenue en Lui.

Et le mal du monde pécheur prend réellement le Messie Lui-même en captivité : il ne peut pas pénétrer au fond de Son cœur ni de Sa nature humaine, libre du pouvoir du péché, mais il a été capable de Le conduire à la croix. Celui qui n'avait pas connu le péché s'est trouvé au pouvoir du péché, Il est devenu péché pour nous, comme Paul le décrit. Telle est la pauvreté du Messie menée jusqu'au bout, pauvreté sans laquelle le Royaume ne serait pas entré dans le monde, parce que le Messie Lui-même ne pouvait entrer dans le monde autrement que pauvre.

Cela se comprend : toute autre entrée aurait signifié une soumission aux lois du monde qui gît dans le mal. Ne pas leur obéir signifiait sortir du monde ; mais sortir du monde tout en y restant, c'est mourir. Un tel chemin, pour le Messie qui portait en Lui toute la plénitude de Dieu, toute la plénitude du Royaume, ne pouvait s'achever sur terre que par la croix. Et par la résurrection, bien sûr, mais cela appartient déjà à la réalité du Royaume, non du monde déchu.

Du Royaume auquel le monde déchu ne peut appartenir que dans la mesure où, en se transfigurant, il cesse d'être déchu. Et nous, chrétiens, nous devenons participants de ce processus, comme l'apôtre nous le rappelle. Si nous sommes vivants et demeurons dans ce monde, c'est seulement dans la mesure où lui-même a déjà cessé d'être déchu, dans la mesure où il a déjà eu le temps de se transfigurer et de devenir partie du Royaume. S'il n'y avait pas de Royaume dans le monde, il ne nous resterait qu'à mourir. Ou à vivre comme vivaient les justes qui attendaient le Royaume aux temps préchrétiens. Si, bien sûr, nous sommes chrétiens autrement que de nom.