RÉFLEXIONS pour 2Th 1:6-7
Ces paroles de Paul peuvent facilement être comprises dans le sens où les gens religieux les comprennent d'ordinaire, c'est-à-dire dans le cadre du paradigme traditionnel, présent dans de nombreuses religions, de la rétribution après la mort, comprenant des récompenses pour les « corrects » et des châtiments pour les « incorrects », « corrects » et « incorrects », bien entendu, du point de vue religieux. Mais une autre interprétation des paroles de l'apôtre est possible, liée à la notion de chemin spirituel en général et de chemin chrétien en particulier.
Or la notion de chemin spirituel est en principe incompatible avec les représentations religieuses traditionnelles de la rétribution, qu'elle soit terrestre ou posthume.
Car ces représentations religieuses traditionnelles supposent que l'homme demeure dans une sorte de bac à sable spirituel et existentiel, comme c'est d'ordinaire le cas des enfants surveillés par un éducateur plus ou moins strict, qui dispose toujours d'une réserve de récompenses pour les enfants obéissants et de punitions pour les désobéissants. Mais on ne peut pas communiquer ainsi avec des adultes, contrairement aux enfants : ici chacun fait son choix librement, sans surveillance extérieure, et en répond lui-même. L'homme qui s'est engagé sur un chemin spirituel, quel qu'il soit, devra le parcourir comme un adulte, et non comme un enfant.
Et au bout du chemin, ce n'est pas une récompense sous forme d'un sac de cadeaux gagnés en route et caché à l'endroit convenu, fussent-ils « spirituels », qui l'attendra, mais les résultats du chemin spirituel qu'il aura parcouru. Certes, Dieu a toujours permis à l'homme d'accomplir sur son chemin plus que ce dont l'homme était capable par lui-même, et le Sauveur est en outre toujours prêt à aider l'homme à se libérer des conséquences des péchés commis auparavant, si seulement l'homme s'en repent réellement.
Mais même avec un tel soutien, chacun parcourt malgré tout son chemin lui-même, recevant à la fin ce vers quoi il allait. Là, au terme du chemin, il peut apparaître que différentes personnes, spirituellement parlant, allaient dans des directions différentes et sont arrivées, symboliquement, en des lieux différents. Mais ni le Royaume ni la perdition éternelle ne sont une récompense ou un châtiment au sens religieux traditionnel de l'un et de l'autre : ils sont tous deux seulement le résultat du chemin. Et du choix qui a déterminé les chemins de ceux qui les ont suivis.
