RÉFLEXIONS pour 1Co 7:6-7
Sur la question du mariage, Paul ne suit pas une ligne rigide et univoque. Sa propre expérience plaide en faveur du célibat, mais l'apôtre comprend parfaitement qu'il s'agit là précisément de son choix personnel et de sa propre expérience, que l'on ne peut pas étendre à tous, parce que chacun a à cet égard sa vocation propre. Mais ce dont Paul est sûr, c'est que le chemin une fois choisi doit être parcouru dans sa plénitude, qu'il s'agisse de la plénitude de la vie conjugale ou de la plénitude du célibat.
Si c'est le célibat, le refus du mariage, alors qu'il soit véritable, et non pas un célibat où, en renonçant formellement à la vie de famille, l'homme continue au fond de son âme à rêver de l'amour d'une femme et ne fait qu'enflammer en lui de tels rêves, qui restent de toute façon irréalisés, donc inutiles et même spirituellement destructeurs. En effet, en se laissant emporter par ces rêves, l'homme tombe prisonnier d'une illusion qui remplace facilement pour lui la vie réelle, alors que la vraie vie spirituelle ne peut être que réelle, non idéale ni illusoire. D'un autre côté, si l'on vit une vie familiale, conjugale, alors il faut la vivre elle aussi dans toute sa plénitude.
Dans une telle plénitude, le courant de vie que la Bible appelle habituellement l'âme devient un pour deux, de sorte que l'espace spirituel et vital des époux devient commun. C'est en ce sens que l'apôtre dit que les époux ne s'appartiennent plus à eux-mêmes. Le mariage commence justement lorsque deux personnes sont prêtes à partager leur vie l'une avec l'autre, dans ce sens existentiel, comme dirait un philosophe moderne, où la Bible parle de l'âme.
On peut dire que le mari et la femme ont une seule âme ; si ce n'est pas le cas, quelque chose ne va pas dans leur vie familiale. Il est facile de remarquer que Paul est ici, comme d'ailleurs en général, maximaliste : ou bien le célibat, et alors la vie de l'homme appartient seulement à Dieu ; ou bien le mariage, et alors les vies des époux appartiennent l'une à l'autre, et ils confient ensemble à Dieu cette vie commune, de sorte que même les exercices de jeûne et de prière ne sont possibles pour les époux que d'un commun accord. Ce qui unit mariage et célibat, c'est la plénitude : la plénitude de la vie dans le Royaume, quelle que soit la forme que prend cette vie.
