RÉFLEXIONS pour Mt 18:23-35 — le 18 juillet 2022

RÉFLEXIONS pour Mt 18:23-35

La parabole du débiteur nous rappelle notre comportement quotidien ordinaire, devenu si habituel que nous ne remarquons même plus que nous sommes guidés par une logique cannibale (quand on me mange, c'est mal ; quand je mange, c'est bien). Nous avons ici l'un des passages sévères de l'Évangile, qui rappelle que le salut donné par Dieu est réellement accessible, mais que le danger de le perdre à cause de nos propres actes indignes est tout aussi réel, surtout lorsque nous refusons de transmettre plus loin la miséricorde qui nous a été donnée d'en haut. Ce n'est pas par hasard que le Christ indique le caractère destructeur du refus de pardonner : celui qui n'a pas voulu pardonner alors qu'il avait lui-même été pardonné a, au fond, méprisé le principe même du pardon. Et par là même il a rayé le pardon qu'il avait lui-même reçu.

Les paroles de la parabole sur le châtiment du débiteur, livré aux bourreaux jusqu'à ce qu'il ait payé toute sa dette, sont sévères ; mais elles semblent aussi donner l'espérance que le châtiment ne sera peut-être pas infini, qu'il équilibrera la faute du pécheur et servira à son rachat. Seulement, celui qui est torturé pourra-t-il payer, s'il a rejeté l'Unique qui a payé sa dette incommensurable ?