RÉFLEXIONS pour Rm 8:29-30 — le 16 juillet 2022

RÉFLEXIONS pour Rm 8:29-30

Paul parle des chrétiens comme du nouveau peuple de Dieu, comme de l'Église dans sa dimension spirituelle. Dans la tradition rabbinique de l'époque du Second Temple existait l'idée que le peuple de Dieu avait été conçu par Dieu avant même la création du monde. Il n'en découle évidemment pas que le destin de chaque personne née juive soit entièrement prédéterminé, du commencement à la fin.

Il y eut en effet des Juifs qui trahirent leur vocation à être le peuple de Dieu. Avec le nouveau peuple de Dieu, la situation est encore plus imprévisible, car on ne naît pas chrétien. Mais comme réalité spirituelle, selon la pensée de Paul, l'Église a été conçue par Dieu dès le commencement ; et quiconque y entre se trouve parmi ceux dont la vie a été prédestinée, peut-être même avant la création du monde.

Il devient une part du plan de Dieu et du peuple de Dieu. Mais il faut encore entrer dans l'Église. Tant que cela n'est pas arrivé, l'homme se trouve dans le monde du hasard, où rien n'est prédestiné et rien n'est déterminé, où tout peut arriver à chacun, et où le hasard apparaît au regard superficiel comme liberté. Mais Dieu ne prive pas l'homme de sa liberté : chacun est libre de choisir s'il veut vivre dans le monde du hasard ou dans le monde de la détermination de Dieu.

Cependant, la discussion sur le nouveau peuple de Dieu, sur l'Église, permet à l'apôtre de poser la question de l'ampleur du processus que nous connaissons sous le nom de salut. Et cette ampleur se révèle véritablement cosmique. Ce n'est pas un hasard si Paul dit que nous sommes sauvés « en espérance » : en effet, le processus de notre participation à la vie du Royaume, de notre formation comme Torah vivante et, par conséquent, de la transfiguration de notre nature, ne fait que commencer. Il exigera évidemment du temps, et beaucoup. Notre vie terrestre ne peut être que le commencement de ce chemin.

Et ce chemin est inséparable du processus de transfiguration de toute la création dans son ensemble. Elle a tout entière, d'une manière ou d'une autre, souffert de la chute, dont l'homme est devenu la cause. C'est pourquoi on ne peut corriger cette situation que globalement, en ayant en vue l'homme et tout le reste de la création. Mais alors le chemin de formation spirituelle de l'homme, sa délivrance des conséquences de la chute, doit inévitablement être synchronisé avec le travail correspondant qui touche le reste de la création. Et ce chemin ne s'achèvera qu'avec le retour du Christ dans la gloire. Pour l'instant, il nous reste seulement à espérer que tous ceux qui l'ont commencé iront jusqu'au bout.