RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Rm 15:7-9

En poursuivant la discussion sur la vie dans le Royaume, Paul se tourne vers des notions fondamentales de la tradition prophétique, liées à la description des relations entre Dieu et le peuple de Dieu : la miséricorde et la fidélité, ou la vérité. Un tel recours n'est évidemment pas fortuit, car la miséricorde et la fidélité demeurent fondamentales aussi pour ceux qui vivent dans le Royaume dans leurs relations avec le Christ. En parlant des circoncis, c'est-à-dire des Juifs, l'apôtre rappelle moins la fidélité du peuple à Dieu que la fidélité de Dieu aux promesses données une fois et à l'alliance conclue une fois ; en parlant des anciens païens convertis au Christ, il rappelle la miséricorde : car, à la différence des Juifs, Dieu n'a rien promis aux païens et n'a conclu aucune alliance avec eux ; si donc le chemin du Royaume leur est tout de même ouvert, c'est uniquement comme un don auquel ils n'ont aucun droit et sur lequel ils ne peuvent aucunement compter, même au sens où peuvent compter dessus les Juifs auxquels certaines promesses ont tout de même été données. Et puisque le Royaume est fondé sur la miséricorde et la fidélité, les relations entre ceux qui y vivent doivent elles aussi être pénétrées de miséricorde et de fidélité. Or la miséricorde et la fidélité supposent de l'indulgence envers les faiblesses de ceux qui, par définition, ne peuvent être forts, puisqu'ils viennent seulement de participer à la vie du Royaume. Car, à la différence d'une communauté religieuse ordinaire, où ce qui importe est la communauté des vues et leur orthodoxie, dans le Royaume ce qui importe est l'unité spirituelle des fidèles.

Du point de vue de la religion, le plus important, ce sont les opinions des gens, leurs idées et leurs avis ; du point de vue du Royaume, le plus important, ce sont les relations sans lesquelles il est impossible de glorifier Dieu. Et pour les relations, on peut accepter beaucoup de différences, religieuses et doctrinales, d'autant que sans cette humilité on peut difficilement compter sur l'unité spirituelle, le « même sentiment », de l'Église dont parle l'apôtre un peu plus haut, aux versets 4-5.