RÉFLEXIONS pour Lm 2:14
Dans le livre des Lamentations, comme dans plusieurs autres livres bibliques, retentit le thème du rejet et du châtiment de Son peuple par Dieu. À première vue, ces affirmations peuvent sembler trop humaines : Dieu y apparaît comme une sorte de souverain terrestre en colère. Mais, à y regarder de plus près, on découvre derrière elles une profondeur spirituelle et la conscience de lois très importantes de la vie spirituelle.
Il ne s'agit évidemment pas de châtiments au sens humain du mot. Parfois, il est vrai, Dieu peut employer des méthodes d'action assez dures sur l'homme afin de l'amener à l'état spirituel nécessaire ; mais là encore, il ne s'agit pas de punition, mais bien d'une action spirituelle assez forte et parfois inattendue pour l'homme, que celui-ci peut percevoir comme quelque chose d'indésirable pour lui, du moins au premier moment. Mais le plus souvent, il en va autrement.
Dieu a pour chaque homme et pour chaque peuple Son plan. Ou plus précisément, Il a Son propre plan concernant l'humanité, auquel chaque homme et chaque peuple peut participer s'il le veut : il y a une place pour chacun dans le plan de Dieu. À plus forte raison y a-t-il une place pour le peuple de Dieu, dont l'existence même est inséparable du plan de Dieu. Mais que se passe-t-il si un homme particulier ou tout un peuple refuse d'y participer, ne veut pas saisir la possibilité de prendre la place que Dieu lui a assignée dans Ses plans ?
Alors, manifestement, cet homme ou ce peuple se trouvera là où il n'était pas censé être, avec toutes les conséquences qui en découlent. Et alors ce ne sera plus la volonté de Dieu, mais le hasard, qui déterminera l'existence d'un tel homme ou d'un tel peuple. Non la Providence, mais le destin, la fatalité. Si cela est destructeur pour tout peuple, c'est doublement destructeur pour le peuple de Dieu, car son existence même n'est possible que dans le cadre de la Providence. C'est précisément ce fait que le peuple-communauté devait comprendre, en exil.
