RÉFLEXIONS pour Mt 28:1-20 — le 3 juin 2022

RÉFLEXIONS pour Mt 28:1-20

Comparé aux autres évangiles, le récit de la Résurrection dans l’Évangile selon Matthieu est assez bref, et l’élément le plus remarquable de la description de l’évangéliste est qu’ici encore il parle du mensonge dont on tenta d’entourer Jésus même après Sa résurrection (v. 11–15). L’épisode de la corruption des gardes ne se trouve que chez Matthieu ; les autres évangélistes ne mentionnent pas ce fait. Chez Matthieu, il se trouve au centre du récit et s’oppose à un autre épisode qui décrit l’apparition des anges aux femmes venues au tombeau (v. 1–8). Les deux épisodes sont séparés par une brève insertion sur la rencontre avec le Ressuscité (v. 9–10), et le récit de la Résurrection s’achève par un bref épilogue (v. 16–20).

Cette structure du passage souligne encore plus nettement l’opposition des deux épisodes, qui constitue le fondement de l’intrigue du récit de la Résurrection dans l’Évangile selon Matthieu. Ce n’est évidemment pas un hasard : l’évangéliste attire de nouveau l’attention de ses lecteurs sur l’affrontement entre le Royaume et ceux qui le rejettent. Et cet affrontement, semble-t-il, ne s’est pas arrêté même après la résurrection de Jésus. On pourrait croire la victoire remportée et une nouvelle époque commencée, celle du Royaume qui approche. Mais ceux qui rejettent le Royaume semblent ne pas remarquer le changement. Il est d’ailleurs fort probable qu’ils ne le remarquent réellement pas, car on ne peut voir le Royaume que lorsqu’on le veut.

Il ne s’agit pas ici d’un jeu de l’imagination, mais du fait qu’on ne peut voir le Royaume sans accueillir Celui qui l’a apporté dans le monde, et il faut vouloir L’accueillir. Il en était de même pendant le ministère terrestre du Sauveur : Il n’imposait à personne ni Sa personne, ni Sa messianité, ni le Royaume. Il ne Se révélait et n’ouvrait le chemin du Royaume qu’à ceux qui le voulaient. Aujourd’hui, rien n’a changé : le chemin est ouvert à chacun, mais imposé à personne. C’est pourquoi ceux qui ne veulent pas du Royaume ne le voient pas. En Jésus, ils ne voient ni le Messie-Christ ni le Fils de Dieu, mais, au mieux, un maître de morale et, au pire, un imposteur qui Se faisait passer pour le Messie. Cette dernière manière de voir, bien que plus offensante, est au moins plus honnête : Jésus Lui-même n’a jamais essayé de Se faire passer pour un quelconque maître de morale. Il parlait de telle manière qu’on pouvait soit L’accueillir tel qu’Il est, soit Le rejeter avec indignation, comme beaucoup de pharisiens Le rejetèrent.

Le compromis du « maître de morale » ne tiendra pas : tôt ou tard, chaque lecteur de l’Évangile devra tout de même choisir l’une des deux explications proposées par l’évangéliste. Ce choix se présentait à tous ceux qui rencontraient Jésus pendant Son ministère terrestre, et il demeure le même aujourd’hui.