RÉFLEXIONS pour Mt 3:9-10
Il est intéressant de se demander si l'on peut se repentir et se purifier du péché simplement comme ça, au cas où. Comme les pharisiens mentionnés dans la lecture évangélique d'aujourd'hui. Est-ce de l'hypocrisie ? Guère : les pharisiens étaient des hommes profondément religieux, qui se seraient difficilement permis une tromperie ouverte. Qu'est-ce donc qui provoque la colère de Jean ? L'orgueil ? La certitude des arrivants que, descendants d'Abraham, ils ne peuvent par définition être indignes du Royaume ? Sans doute oui. L'orgueil n'a encore jamais apporté de profit spirituel à personne. Et pourtant, l'affaire ne se réduit sans doute pas à cela. Pourquoi une ablution purificatrice, car les « baptêmes » accomplis par Jean étaient précisément des ablutions de purification, aurait-elle été nécessaire à celui qui était sûr de sa propre absence de péché ? Le judaïsme de cette époque ne connaissait pas la notion de « péché originel » ; pour le Juif de l'époque évangélique, le péché était quelque chose de très concret, et était considéré comme pécheur seulement celui qui avait commis un tel péché, non tout homme par définition, comme nous le pensons aujourd'hui. Pourquoi donc se purifier si l'on n'a pas péché ? Apparemment, justement au cas où. Et si ce prédicateur étrange, si semblable aux anciens prophètes, avait raison ? Et s'il fallait encore une purification pour être digne du Messie qui vient ? Et si... Bref, une ablution de plus, en tout cas, ne fera pas de mal. Seulement la vie spirituelle n'est pas un rite religieux ; ici rien ne se fait « simplement comme ça » ni « au cas où ». De même qu'il n'y a pas de « foi au cas où ». Elle existe, ou elle n'existe pas. Il n'y a pas de troisième voie.
