RÉFLEXIONS pour Ac 2:37-38 — le 26 avril 2022

RÉFLEXIONS pour Ac 2:37-38

On le voit, les hommes qui entendirent Pierre prirent sa prédication au sérieux. La question « que devons-nous donc faire ? » ne retentit pas par hasard. En effet, s'il s'agit du rejet du Messie Lui-même, et d'un rejet conscient, on n'échappe pas aux conséquences d'un tel péché. Le yahvisme comme le judaïsme regardaient traditionnellement le péché conscient comme un péché dont les conséquences pèsent indéfiniment sur l'homme, même si celui-ci se repent profondément et sincèrement de ce qu'il a fait. Et ici, c'était le péché de participation à la mort du Messie... Il y avait de quoi réfléchir et de quoi avoir peur.

Pierre indique aussitôt à ceux qui l'écoutent la seule issue possible de la situation. Une issue devenue possible précisément grâce à Celui que, selon la parole de l'apôtre, les hommes ont tué et que Dieu a ressuscité. Cette issue est liée à la possibilité de participer à cette vie nouvelle, la vie du Royaume, qui le jour de la Pentecôte est devenue une réalité ouverte à chacun.

En entrant dans le Royaume, l'homme recommence sa vie. À partir d'une page blanche. Les conséquences de tous les péchés qu'il a commis restent dans l'ancienne vie, si toutefois l'homme ne les traîne pas avec lui. Et pour que cela n'arrive pas, il faut cette conversion même dont parle l'évangéliste. Dans la traduction synodale, elle est traditionnellement appelée repentir, mais il s'agit précisément de conversion ; le mot grec correspondant de l'original signifie du moins cela. Et la conversion n'est pas seulement le retour à Dieu dont on s'était détourné. Elle n'est pas seulement le regret émotionnel des péchés commis.

C'est aussi la réflexion sur ce qui a été fait, la prise de conscience de la qualité spirituelle de ses actes, des intentions qui se tiennent derrière eux. Et le refus conscient de celles qui sont incompatibles avec la Torah, avec l'Évangile, avec les commandements donnés par Dieu. Alors on peut réellement commencer une vie nouvelle sur une page blanche. Alors pouvait devenir réalité cette vie communautaire dont parle l'auteur du Livre des Actes : car elle ne peut exister que tant que chaque membre de cette communauté vit de la vie du Royaume dans toute la plénitude qui lui est accessible. Comme il doit en être dans l'Église avec une majuscule.