RÉFLEXIONS. La réflexion principale.

RÉFLEXIONS pour Jc 3:1-2

Le ministère du maître dans l'Église des premiers chrétiens était avant tout un ministère de la parole. Le maître, ou rabbin, dans la communauté ecclésiale assumait l'étude attentive de la Torah et l'enseignement de la Torah aux autres, surtout sur le plan pratique.

Bien sûr, cet enseignement pratique dans l'Église se déroulait dans le contexte des interprétations chrétiennes de la Torah. Et là, la question de l'état spirituel du maître lui-même devenait fondamentale. Le ministère du maître-rabbin, comme aucun autre, révélait facilement et rapidement l'écart entre la connaissance, et même la compréhension, des choses fondamentales liées à la Torah et à la vie spirituelle en général, d'une part, et la conscience profonde de ces mêmes choses, d'autre part.

Savoir et même comprendre ce qu'est, par exemple, la Torah intérieure est beaucoup plus simple que de prendre conscience de sa présence dans sa propre vie et de changer cette vie en conséquence. La prise de conscience suppose des changements intérieurs de l'homme correspondant à ce qu'il connaît théoriquement. Alors toute la vie de l'homme change, et pas seulement ses opinions et sa vision du monde. Or le critère des changements intérieurs est justement la parole.

Ici Jacques n'est pas original ; il rappelle seulement ce que ses lecteurs devaient connaître assez bien grâce aux recueils d'aphorismes très populaires à cette époque, appartenant aux livres que nous appelons aujourd'hui sapientiaux. Il suffit d'ouvrir, par exemple, le Livre des Proverbes pour y trouver toute une série d'aphorismes décrivant comment l'homme sage garde sa bouche et tient sa langue en bride, à la différence de l'insensé qui ne sait pas le faire.

Jacques ne fait que rappeler ces choses assez évidentes. En effet, pour que rien de tel ne « s'échappe » de la langue, l'homme doit changer sérieusement intérieurement. Les changements doivent toucher sa psyché si profondément que même le subconscient cesse de vivre sa vie à part. Ici, la connaissance et la compréhension ne suffisent pas ; il faut cette prise de conscience. Et si elle n'existe pas, il vaut mieux ne pas devenir maître : car l'écart entre connaissance et prise de conscience est une chose extrêmement dangereuse et destructrice spirituellement. Et parfois pas seulement spirituellement.