RÉFLEXIONS pour Jc 2:1-13
Dans le passage d'aujourd'hui de son épître catholique, l'apôtre Jacques parle de favoritisme; pour lui, c'est une manifestation inadmissible et douloureuse du péché humain dans l'Église. En développant sa pensée, il aborde le péché et la loi comme tels, thème auquel l'apôtre Paul revient constamment. Jacques nous dit ici plusieurs choses très importantes dans la pratique. À partir du favoritisme humain, il conclut que celui qui observe toute la loi mais pèche sur un seul point devient coupable envers toute la loi. Il rejette ainsi l'idée courante selon laquelle la Loi de Dieu serait un ensemble d'interdictions et de prescriptions à accomplir une par une, le plus possible. La Loi n'est pas seulement la volonté de Dieu sur ce que nous devons faire ou éviter.
Elle est la volonté du Créateur pour que nous soyons vivants et saints devant Lui. C'est en cela qu'elle diffère des lois humaines. Pour l'apôtre, l'essentiel n'est donc pas ce qui est interdit ou permis, mais Celui qui interdit et permet.
Les derniers versets du passage d'aujourd'hui contiennent une révélation exceptionnelle. L'apôtre parle de nous comme de personnes appelées à être jugées selon la loi de la liberté. À première vue, cela paraît contradictoire. Nous opposons d'ordinaire loi et liberté, car nous pensons que la liberté signifie désobéir à la loi ou être sans limites juridiques à notre arbitraire. L'apôtre vise autre chose. La loi de la liberté est la loi de la responsabilité pour ses choix et ses actes devant Celui qui est la Vérité même. Cette loi donne à la personne et à la liberté humaines une dignité étonnante. Et son cœur est de ressembler au Législateur, dont la miséricorde dépasse toute frontière. La miséricorde, dit l'apôtre, triomphe du jugement. Quelle espérance inattendue, lumineuse et belle résonne pour nous tous dans ces mots. Sans cela, nous serions tous voués à la perte.
